L’état d’urgence sanitaire peut-il justifier la mise entre parenthèses de nos libertés ?

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✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Pierre-Henri Dumont, député LR du Pas-de-Calais : « L’enjeu est de reprendre une activité normale et il est temps aussi de déconfiner la démocratie. »

L’état d’urgence sanitaire a eu pour effet de mettre entre parenthèses le fonctionnement démocratique, tout comme nos libertés individuelles. Certains élus considèrent que les choses sont allées trop loin et qu’il est impératif de recouvrer l’ensemble de nos libertés dès la fin de cette période. Pierre-Henri Dumont, député LR du Pas-de-Calais, fait partie de ces parlementaires qui estiment que la crise sanitaire est devenue un prétexte pour empêcher le débat démocratique.


L’Hebdo-Bourseplus : Un état d’urgence sanitaire peut-il justifier la mise à l’écart de la démocratie et de nos libertés individuelles ? Est-il légitime de s’interroger sur cette question ?

Pierre-Henri Dumont : On risque de voter aux élections municipales alors que nous sommes en état d’urgence sanitaire. Cela reste un état d’urgence. Il est quand même assez étonnant de critiquer des pays comme le gouvernement vient de le faire, avec Emmanuel Macron qui reproche à la Hongrie de ne pas respecter l’État de droit... Mais Viktor Orban va remettre ses pouvoirs spécifiques liés à l’état d’urgence avant le gouvernement français, puisque ce sera le 30 juin, alors que nous avons voté des pouvoirs spécifiques liés à l’état d’urgence sanitaire au moins jusqu’au 10 juillet. Philosophiquement, cela peut se comprendre que de s’interroger sur le maintien d’un scrutin en état d’urgence. C’est un point qui a été mis en avant dans d’autres pays, comme pour repousser l’élection présidentielle en Pologne. En réalité, il n’y a pas grand-chose qui s’oppose à la tenue des élections, hormis vouloir titiller le gouvernement... Il n’est pas scandaleux qu’il y ait un scrutin en juin. D’ailleurs, nous avons voté sous un état d’urgence sécuritaire lors de la dernière élection présidentielle.


Mais si l’on va voter fin juin, on ne va pas nous interdire d’aller ensuite prendre un café dans un bistrot ! Donc, en étant logique, les bars et les restaurants devraient être ouverts…

L’enjeu est de reprendre une activité normale et il est temps aussi de déconfiner la démocratie. Évidemment que l’on ne fera pas une campagne municipale comme auparavant, avec des meetings de 500 personnes. Mais distribuer des tracts dans les boîtes aux lettres et faire du porte-à-porte n’est pas gênant. En plus, se retrouver quelques minutes dans un bureau de vote, maintenant que l’on a acquis l’expérience des gestes barrières et de la protection individuelle, cela posera moins de problèmes que lors du premier tour le 15 mars dernier.

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