Une maison posée sur un plan

Commerces : les gagnants et les perdants de l’après Covid-19...

IMMOBILIER

✍️ Par Nicolas MIGUET

Knight Frank dresse un premier point d’étape sur le marché immobilier des commerces : il y aura un avant et un après pour les commerces : « Dans cette crise plus que dans d’autres, le paramètre psychologique est déterminant. Ainsi, à la différence des précédentes récessions, la reprise ne butera pas uniquement sur le pouvoir d’achat, mais sur un sentiment plus ou moins rationnel d’insécurité. Ce dernier influera directement sur la fréquence des visites en magasin, dont la baisse sera parfois compensée, comme nous l’observons depuis quelques jours, par une hausse des paniers moyens. Le facteur psychologique influera également sur les types de magasins que les consommateurs vont plébisciter ou dont ils vont au contraire se détourner. Ceux-ci seront d’autant plus enclins à se déplacer qu’ils auront été rassurés par l’efficacité des mesures mises en place par les enseignes et les bailleurs pour se conformer aux nouvelles règles d’hygiène. L’une des conséquences immédiates du Covid-19 pourrait donc être de creuser l’écart entre les acteurs les plus affaiblis et ceux capables de mobiliser d’importants moyens financiers et humains ».

Par ailleurs, les conditions de transport sont une autre interrogation majeure et il y aura un impact sur les commerces situés au sein des quartiers de bureaux les plus denses : « À l’inverse, la situation actuelle est plus favorable aux zones commerciales de périphérie, qui dépendent de l’usage de la voiture individuelle et où les drives connaissent un regain de fréquentation depuis le début de l’épidémie ». Dans cette étude, Knight Frank indique que « tous les quartiers parisiens ne sont pas touchés de la même façon. Parmi les plus pénalisés, les axes de luxe et les artères les plus fréquentées par la clientèle internationale comme le secteur Opéra/Haussmann, où les grands magasins ne pourront en principe ouvrir avant le 10 juillet. Par ailleurs, le report de l’ouverture de la Samaritaine devrait repousser de quelques mois la renaissance attendue de la rue de Rivoli, où l’interdiction de la circulation aux voitures ne sera pas non plus sans conséquence. L’impact du Covid-19 pourrait être moins fort sur la rive gauche, dont les commerces sont moins dépendants de la fréquentation touristique internationale. Les dossiers sur lesquels travaillent les équipes de commercialisation de Knight Frank et les discussions menées avec les enseignes donnent d’autres indications sur l’état du marché parisien. Si le confinement et le maintien de mesures de restriction plus ou moins sévères ont abouti au report des ouvertures, toutes les négociations ne se sont pas arrêtées, en particulier si l’échéance de bail est éloignée. Certains secteurs d’activité restent par ailleurs assez dynamiques, comme les formats de proximité, la restauration rapide ou tout ce qui a trait à la mobilité urbaine ».

En conclusion, « la grande spécificité des actifs de commerces dessine des perspectives très contrastées selon les territoires et les types d’actifs. Parmi les gagnants probables, les commerces de proximité, qui ont tiré parti du confinement et dont le succès répond à l’évolution profonde des comportements d’achat, ainsi que les retail parks, dont le modèle est également plus susceptible de résister à la crise (positionnement économique, accès en voiture, etc.). À l’inverse, les actifs de pied d’immeuble qui dépendent le plus des flux de touristes internationaux devraient provisoirement perdre de leur attrait, alors qu’ils étaient jusqu’ici très prisés. Enfin, la crise sanitaire accentuera la défiance des investisseurs pour les centres commerciaux ».

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