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L’état d’urgence et la lutte contre le Covid-19 ne doivent pas occulter le débat démocratique.
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✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Jérôme Bascher, sénateur LR de l’Oise : « J’étais pour un confinement le plus court possible et je pense que deux mois c’est une bonne chose. »
L’information a été rapportée par Ariane Chemin, dans un article du Monde du 5 mai dernier, évoquant un incident intervenu le 4 mars entre Jérôme Bascher, sénateur LR de l’Oise, et le gouvernement. Une polémique avait alors opposé le groupe LR au gouvernement. Lors des questions d’actualité, Jérôme Bascher avait évoqué l’« impréparation » du pays face à l’épidémie de coronavirus et il lui avait été reproché d’oser briser le « consensus national ». Depuis, le sénateur n’a guère apprécié d’être quasiment traité comme un « traître à la patrie » et il continue de militer pour la liberté de parole et pour la poursuite du débat démocratique. Pour cette semaine de début de déconfinement, nous avons souhaité évoquer avec lui le sujet du débat démocratique en cette période de crise sanitaire.
L’Hebdo-Bourseplus : Le gouvernement vous a fait grief de rompre le « consensus national ». Pensez-vous qu’un tel « consensus » soit nécessaire, ou que le débat doive se poursuivre en toute liberté ?
Jérôme Bascher : Le débat démocratique ne doit pas s’arrêter ! C’est d’ailleurs ce que nous faisons dans les assemblées, où nous disons ce qui va et ce qui ne va pas. On vote des choses différentes, mais il ne faut pas être polémique au moment de la guerre. On est au combat, on doit rester concentré sur les moyens et notre parole doit remonter de l’information utile. En revanche, on doit toujours inciter à faire lorsqu’il faut faire. Il ne faut pas aller chercher la polémique sur le passé, mais il faut continuer le débat sur ce qui doit être fait.
Faut-il accepter ce terme de « guerre » ou, si on le conteste, peut-on prendre la liberté et la responsabilité de continuer d’être polémique ?
Il n’y a pas de sujets polémiques. Il n’y a pas de guerre non plus ! L’état de guerre, c’est aussi une économie de guerre. En l’occurrence, on ne s’est pas mis dans l’état d’une économie de guerre : on s’est mis dans la réquisition de masques... Cela peut participer à l’économie de guerre, mais ce n’est pas une économie de guerre. Les moyens de production n’ont pas été changés. On a fait un peu de couture et quelques entreprises e sont mises à faire des masques... Mais on n’a pas totalement bouleversé notre arsenal industriel pour cela. On a pris acte de la pandémie, mais on a quand même aussi souligné que l’économie devait se poursuivre comme avant. Dans une guerre, il y a toujours un ennemi, or là c’est un virus et personne n’est favorable au virus. Donc, il n’y a pas de sujet. Ce n’est pas une guerre et, en plus, nous n’avons pas pris les moyens de la guerre...
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