Un graphique boursier mettant en évidence les lignes de tendance, niveaux de support et résistance

L’argent local manque cruellement à Paris

ANALYSE GRAPHIQUE

✍️ Par Mustapha GHAILANE

De nombreux analystes se posent actuellement des questions sur la capacité des places boursières à poursuivre leurs mouvements de reprise. Ils se demandent même parfois s’ils ne sont pas déjà surévalués compte tenu des mauvais chiffres attendus pour le trimestre en cours et même pour l’ensemble de l’année. D’autres, poussent le bouchon encore plus loin en donnant publiant déjà des projections chiffrées sur 2021, voire sur 2022 ! Les mêmes nous racontaient il n’y pas si longtemps que les cycles d’expansion / récession étaient des concepts vieillots et désuets car les Banques centrales « pilotaient » désormais la croissance avec une précision chirurgicale comme on guiderait un vaisseau spécial qu’on poserait sur la planète Mars au centimètre près !

Il ne fallait donc plus gérer son portefeuille avec les méthodes du « grand père », mais plutôt acheter, toujours acheter, accumuler et accumuler car la baisse était définitivement rayée du vocabulaire boursier puisque les Banques centrales « veillaient au grain ». Justement, un grain a dû leur échapper miraculeusement et finit par gripper complètement leur gigantesque machine à faire de l’argent avec de l’argent jusqu’à l’infini et au-delà : le Coronavirus. Si la baisse due à la crise sanitaire s’est avérée d’une si rare violence, c’est parce qu’il y avait un nombre record d’investisseurs à être pris complètement au piège de la béatitude monétaire en pleine stratosphère.

Mais plus surprenant encore, les valeurs du Nasdaq et du secteur du luxe y retournent déjà ! La manipulation des marchés n’a pas de limites, plus elle est grossière plus elle marche ! Arcelor à 8,00 euros, Renault à 16,00 euros, EDF à 7,00 euros n’intéresseraient pourtant plus personne, juste parce qu’elles ne sont pas assez chères. Les banksters déploient une énergie incroyable à faire investir la clientèle sur des Sicav et FCP dans lesquels les valeurs du Nasdaq prennent une énorme place. Le Monde marche décidément sur la tête car la crise du Covid-9 ne sera pas éternelle et la vie normale reprendra quand même peu à peu sa place. Les grandes entreprises industrielles vont recommencer à gagner de l’argent et celles du Nasdaq ne sont pas éternelles.

Sur le plan technique, les indices US poursuivent leurs remontées vers les cimes du mois de février. L’indice Nasdaq Composite n’est plus qu’à 6 % de ses records historiques absolus. Mais à Paris, l’indice Cac 40 est encore loin, très loin, à – 27 % de son plus haut annuel de 6.111 points. Certaines valeurs restent scotchées à -80 % voir – 90 % sans que cela soit réellement justifié. Les fonds vautours jouent à fond leurs recapitalisations et ramassent de la dette privée à bas prix sur les marchés dans l’espoir de l’échanger plus tard contre une grosse part de leur capital. Le manque cruel d’investisseurs nationaux et la fiscalité délirante sur les valeurs mobilières sont le terreau de prédilection de la spéculation baissière. A court terme, l’indice Cac 40 reste prisonnier de la forte zone de résistance de 4.600 points sous laquelle les fonds anglo-saxons peuvent acheter tranquillement et à vil prix les plus belles valeurs de la côte.

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