Pierre Jovanovic : du monde d’après à l’Apocalypse.

LITTÉRATURE

✍️ Par Yannick URRIEN

Pierre Jovanovic est écrivain, éditorialiste, économiste et l’auteur de nombreux livres à succès, dont le fameux « 666 ». Il revient sur les conséquences sociales de l’abandon de nombreuses petites entreprises par le gouvernement et il partage l’analyse de Jean-Yves Le Drian sur le monde d’après, qu’il annonce pire que le monde d’avant… Il était intéressant d’avoir son opinion sur la crise que nous vivons : « Cette histoire de virus va littéralement bouleverser nos comportements les uns vis-à-vis des autres. Quand vous allez vous asseoir à côté de quelqu’un, dans un train, dans un avion, ou dans un restaurant, vous vous demandez si cette personne n’a pas le virus… En ce qui concerne les commerces, je ne suis pas certain que cela redémarre comme notre ministre Bruno Le Maire veut le faire entendre. Cela va être très lent et, si cela reprend, ce sera seulement à la fin octobre, s’il n’y a pas de manifestations ou de révolte sociale entre temps. La distanciation sociale va jouer et les gens vont éviter d’aller aux Galeries Lafayette, c’est une évidence. C’est une chance pour les commerçants de proximité, s’ils savent la saisir. L’histoire du prix va quand même jouer un rôle majeur, parce qu’il y a une partie de la population qui est à découvert le 15 du mois et qui est obligée d’aller dans les grandes surfaces les moins chères. En revanche, la population qui fait du télétravail va pouvoir aller chez les petits commerçants ! »

Selon lui, les tensions sociales seront encore plus fortes au cours des prochaines semaines : « Cela va recréer une nouvelle distanciation financière et les tensions que l’on a observées avec les Gilets jaunes vont être exacerbées. Je crains que les manifestations ne reprennent violemment. En tout cas, la rentrée sera très difficile pour beaucoup. Cette crise a montré que toutes les catégories de la population ont été affectées et même les CSP + vont s’en rendre compte. Si vous prenez le cas de la Suède, ils n’ont confiné personne et ils n’ont pas plus de morts que nous. Donc, il y a véritablement un problème. J’ai discuté avec des pharmaciens qui constatent que ce confinement représente un autre souci de santé publique, parce qu’il y a beaucoup de gens qui ne vont plus chez le médecin. On va ramasser beaucoup de célibataires qui seront morts chez eux, du Covid-19 ou d’autre chose. D’ailleurs, tous ceux qui meurent en ce moment, c’est du Covid-19 dans les statistiques. Il y a un problème de santé publique et de nombreux pharmaciens me disent aussi qu’il y a de nombreux problèmes de déchirures, de ligaments, parce que, dès que les gens reprennent une activité normale, le corps ne suit plus. Dans mon entourage, j’ai le gérant d’une boutique de vins qui a repris le travail. Il a pris une caisse de bouteilles dans ses mains et il a eu un problème de déchirure, parce que son corps s’était habitué à rester dans un canapé… »

On constate qu’il y a de nombreux critères d’exclusion dans les aides promises par Emmanuel Macron, qui a pourtant promis qu’aucune entreprise ne serait abandonnée. Pierre Jovanovic souligne que le président de la République « a menti, parce que c’est de la communication tout simplement ! Le directeur général de la Société Générale a dit clairement que leurs prêts étaient destinés aux entreprises qui se portent bien et non aux entreprises qui ont la corde au cou. Vous voyez le banquier dans sa splendeur qui insulte toutes les petites entreprises et qui fait un bras d’honneur aux propos du président de la République et du ministre des Finances ! Je peux vous dire que de nombreux commerçants n’arrivent toujours pas à joindre leur banque, parfois, leur comptable est complètement dépassé par la demande. Certaines aides sont déjà tombées, mais je peux vous dire qu’il y aura au moins 40 % de PME et commerces qui vont s’effondrer. D’ailleurs, vous avez vu que le groupe Darty-Fnac a tout de suite reçu ses aides ! »

Face aux promesses d’Emmanuel Macron, Édouard Philippe semble plus mesuré en reconnaissant qu’il est obligé de tâtonner dans la gestion d’une crise à laquelle personne n’était préparé : « Il a les pieds sur terre, contrairement à Macron. Il a dit aux Français qu’ils ne pourraient pas partir à l’étranger, mais cela voulait aussi dire aux étrangers qu’ils ne pourraient pas venir en vacances en France. C’est du jamais vu. Honnêtement, je ne pense pas que le gouvernement puisse interdire aux Français de partir en vacances à l’étranger, ce serait de la folie furieuse, et là nous serions en dictature totale. D’ailleurs, nous sommes déjà une dictature ! J’ai vu le premier ministre expliquer à l’Assemblée nationale qu’il fallait maintenant porter des masques, alors que ce même gouvernement nous a dit il y a deux mois que les masques ne servaient à rien. On est complètement chez les dingues ! Dans ce soi-disant Conseil scientifique, je ne sais pas ce qu’ils prennent comme substances, mais c’est du sérieux ».

Sur le fond, il va quand même falloir payer : « Monsieur Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, a déclaré que les Français devront payer. Mais avec quoi ? Ils peuvent très bien prendre 10 % de tous les dépôts bancaires. Peu importe, mais ils vont se servir dans les poches des Français. François Villeroy de Galhau a l’air de trouver normal que le taux d’imposition des Français monte de plusieurs crans supplémentaires, alors que nous sommes déjà le pays le plus taxé au monde ! Mais il y a aussi le FMI qui a demandé un prélèvement de 20 % ». Jean-Yves Le Drian a récemment dit que le monde d’après ressemblera au monde d’avant, mais en pire… Finalement, il a sans doute raison.

Pour Pierre Jovanovic, « le monde d’après sera très gris. Sur le plan économique, regardez la déroute du prix du pétrole : ce sont maintenant des prix négatifs et certains producteurs de pétrole texan payent les acheteurs pour être débarrassés du pétrole ! C’est comme si vous alliez faire le plein à la station-service et que le pompiste vous donne de l’argent... On enchaîne les premières dans l’histoire de l’économie mondiale, avec les taux négatifs et maintenant les prix du pétrole négatifs. Les producteurs n’ont plus de place pour stocker le pétrole et ils sont obligés de payer les acheteurs pour s’en débarrasser. Malheureusement, vu le gouvernement que l’on a, on n’est pas près de voir cela à la pompe. Un gros vendeur de pétrole de Singapour s’est retrouvé en slip et il a reçu une lettre de sa banque pour lui demander de couvrir son découvert de 4 milliards de dollars ! Les acheteurs et les vendeurs de pétrole sont obligés, pour chacune de leurs transactions, d’avoir une lettre de crédit de la banque qui se porte garante de l’exécution du paiement dès que le pétrole a été livré. Or, avec des tarifs négatifs, cela va faire très mal aux opérateurs. Le quatrième pilier de l’économie mondiale vient de tomber. Après les taux négatifs, la confiance dans la monnaie et la confiance du peuple dans l’économie. Il va y avoir des révoltes dans des pays comme l’Iran, le Niger ou le Venezuela, parce qu’ils n’ont plus rien. »

Pour lire ce numéro (Accès numérique)

Validez le formulaire ci-dessous

Tarif valable jusqu'au 28/02/2027 sous réserve de variation du taux de TVA.
L'Hebdo Bourse Plus sort un numéro double fin juillet et ne paraît pas en août.

Les paiements sur notre site sont sécurisés et traités par Stripe, un prestataire de paiement en ligne de confiance. Vos informations de paiement sont protégées par des protocoles de sécurité de pointe, garantissant une expérience d'achat sûre et sécurisée. Vos données sont protégées par le chiffrement TLS et la tokenisation. Stripe est certifié conforme aux normes de sécurité PCI DSS.