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Le coronavirus va-t-il doper les investissements dans les biotechs ?
LA NOUVELLE ÉCONOMIE INTERVIEW
✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Didier Rousseau, fondateur de FAMM : « Il va y avoir une volonté d’avoir des investissements plus verts et qui sont plus efficaces dans leur impact énergétique. »
Didier Rousseau est le fondateur de FAMM, un cabinet de conseil en stratégie et en investissement qui investit dans les biotechs. L’épidémie de coronavirus continue de se propager dans le monde entier. Les États maintiennent les mesures de confinement, tandis que les marchés boursiers alternent entre panique et regain temporaire de confiance. Aujourd’hui, un secteur semble retenir l’attention des investisseurs, celui des biotechs, avec des entreprises engagées dans la course au traitement anti Covid-19.
Parmi elles, Xenothera, très en pointe sur la production d’anticorps. Constituée de scientifiques expérimentés et reconnus dans leurs domaines, l’entreprise est jeune, mais on sait aussi que ce sont des petites structures comme celle-ci qui ont vocation à aller plus vite et plus loin grâce à leur agilité. Pour accélérer les premiers essais cliniques de son traitement Xav-19 sur des patients, elle a lancé le 30 mars dernier un appel à contributions de 3 millions d’euros, avec le soutien de l’investisseur Didier Rousseau.
L’Hebdo-Bourseplus : On parle depuis des années de l’innovation dans les biotechs. La recherche autour du coronavirus peut-elle constituer une chance pour cet écosystème ?
Didier Rousseau : Je suis au conseil d’administration de Xenothera et nous sommes un peu plus agiles que les grands groupes, mais ce qui nous manque, dans la partie recherche et développement, ce sont quand même des fonds. Vous avez des fondations et des instituts de recherche qui peuvent lever plus facilement des fonds. Pour une biotech, entre le moment où vous investissez et le moment où vous avez un produit commercialisable, c’est évidemment très long.
Par nature, les structures plus petites sont plus agiles, elles sont capables de construire des écosystèmes beaucoup plus rapidement que les grosses structures, mais la question qui se pose après, c’est tout le rapport du privé au public. Par exemple, pour Xenothera, nous observons que les régions sont très actives, nous avons des prêts, il y a une mobilisation des acteurs de proximité plus forte que ce que l’on pouvait imaginer auparavant du fait de cette crise. Dans notre cas, nous avons besoin d’un laboratoire pour produire, nous avons besoin de regrouper un certain nombre de gens, nous devons produire des examens, nous avons cette capacité à construire tout cela, mais il faut trouver de l’argent. Pour le cas de Xenothera, nous devons trouver 3 à 4 millions pour parfaire le traitement.
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