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Reprise "en V" ? En L ? En W ? Déconfinement, cela ne repartira pas brutalement.
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
✍️ Par Nicolas MIGUET
Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 1er mai 2020 (numéro 1.038) : “Succession : cela se prépare (1/2) ”. Bonne lecture !!!
On vous dit, selon les déclarations du président de la République, que le déconfinement se fera « à partir du 11 mai ». Il ne faut pas se leurrer, cela ne sera que progressif, et pour beaucoup d’entreprises, la chute d’activité, brutale, qui est à déplorer suite à la fermeture d’un grand nombre d’usines, et de la plupart des magasins non-alimentaires, aura des répercussions durables, fortement négatives, et va rebattre les cartes. Le proverbe chinois « lorsque les gros maigrissent, les maigres meurent » est plus que jamais d’actualité.
Selon mes informations, les comptes en banque ne baissent pas, on a même plutôt tendance à constater une augmentation des dépôts à vue, qu’il s’agisse des livrets ou des comptes courants. Les gens ne dépensent pas, même via des achats sur Internet, ils attendent que l’aspirateur tombe en panne pour le changer, lorsque le téléviseur tombe en panne, puisqu’il n’y a pas de magasins d’ouvert, on récupère un vieux téléviseur quelque part dans une autre pièce et on le remet en fonction.
Le tourisme, un gros “trou” dans notre PIB.
En France, le tourisme génère environ 170 milliards d’euros de recettes annuelles. Certains vous disent que 40 milliards d’euros vont disparaître corps et biens, c’est une somme qui est sous-estimée. Dans ce secteur à haute intensité de main-d’œuvre (environ 2 millions de personnes y travaillent directement, plusieurs centaines de milliers de fournisseurs en dépendent indirectement), tout va mal et cela ne concerne pas que le transport aérien. La plupart des avions sont cloués au sol, l’aéroport d’Orly est fermé, à Roissy-Charles de Gaulle, on n’est même pas au cinquième du trafic habituel. Air France-KLM et toutes ses filiales sont actuellement en respiration artificielle, consommant énormément de trésorerie, puisque les frais de carburant pour avions (le kérosène) ne représentent qu’un peu plus de 20 % des dépenses, l’amortissement ou les frais de location de la flotte sont aujourd’hui d’un poids au moins équivalent, les frais de personnels, dans cette activité de services, sont des frais fixes, qu’il y ait, ou pas, des passagers dans les avions. Même si le trafic aérien reprendra progressivement à partir du mois de juillet, les vols internationaux seront beaucoup plus vides que par le passé, et les coefficients d’occupation des avions ont de fortes chances de tomber quelque part entre 60 et 70 % du nombre de sièges offerts. Pour se déplacer, il faudra payer de nouveau le prix fort, car je ne vois pas les compagnies aériennes utiliser l’argent des différents contribuables pour brader des vols, afin de remplir des avions, et de proposer des billets en dessous de leur prix de revient. Par ailleurs, avec près de 200.000 Français bloqués à l’étranger au moment de la mise en place du confinement, mi-mars, un certain nombre de personnes vont réfléchir à deux fois avant de prendre l’avion pour passer des vacances dans des destinations lointaines.
L’hôtellerie “en L”.