Le redémarrage de l’économie : comment et à quel rythme.
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 24 avril 2020 (numéro 1.037) : “Succession : cela se prépare (1/2) ”. Bonne lecture !!!
Notre Economie a été mise à l’arrêt, par décision gouvernementale, faute d’avoir des masques, et des tests, parce que François Hollande et Marisol Touraine avaient décidé de « faire des économies » en ne renouvelant pas le stock stratégique de masques de protection prévu pour un cas de pandémie, qui était, originellement, supérieur à 1,5 milliard. Avec le confinement généralisé de la population, la France vit une période sans précédent depuis l’effondrement de nos armées entre le milieu du mois de mai 1940 et la fin du mois de juin de la même année. A l’époque, près de 10 millions de personnes étaient sur les routes de l’exode, nous avons terminé la bagarre avec pas loin de 2 millions de soldats prisonniers, notre main-d’œuvre était donc en Allemagne, dans des camps de prisonniers, et il a fallu redémarrer l’Economie, en travaillant dur, les matières premières, de surcroît, étaient confisquées, qu’il s’agisse de la nourriture ou des métaux, pour aller en Allemagne, y nourrir la population, y forger des armes.
Peu de secteurs ont gardé leur rythme de travail.
En France, actuellement, très peu de secteurs sont autorisés à continuer leur travail et le commerce est sinistré. Des boulangers ne vendent plus de gâteaux ni de plats préparés, parfois quelques sandwiches, mais c’est tout, lorsqu’ils sont ouverts, ils réalisent entre 40 et 50 % du chiffre d’affaires des journées comparables de l’an dernier. La grande distribution se retrouve dans la tourmente, les hypermarchés ont vu le nombre de visiteurs être divisé par deux ou trois, parfois même davantage. Si la valeur du chariot de courses a fortement augmenté, cela ne compense pas, du moins pour cette partie de la grande distribution, les Cora, Auchan, les grands Leclerc, les Carrefour… sont au premier rang de la souffrance, avec, de surcroît, jusqu’à 35 % ou 40 % d’absentéisme. Le grand gagnant des géants de la distribution, c’est le groupe Casino, avec ses Franprix, ses Spar, ses Vival, ses petits Casino, ses petits supermarchés pas très loin des centres de villes dans le sud-est de la France, et ses quelques magasins Géant, dont celui d’Annemasse, qui continue à fonctionner très bien, puisqu’ils sont de dimensions plus réduites que ce qui est observé dans la concurrence. Cela n’empêche pas qu’il y a quelques problèmes. Le Monoprix situé à Vitry, à deux pas du siège social du groupe Monoprix, tourne avec dix personnes sur quinze, le directeur est malade, trois personnes sont en arrêt maladie, une dernière employée garde sa fille, les dix employés qui restent font le boulot, avec des horaires parfois largement excessifs en rapport avec la durée légale. Dans ce magasin qui ne fait quasiment que de l’alimentaire, le chiffre d’affaires a explosé, mais la cadence pour recharger les rayons est infernale.
Pas de chiffre d’affaires, pas de loyer : une logique cruelle pour les propriétaires.
La fermeture des commerces autres qu’alimentaires va amener des problèmes en répercussion pour les propriétaires bailleurs. SNCF Gares et Connexions vient d’annoncer renoncer aux loyers des 1.500 commerces dans ses gares, pour la période du 16 mars jusqu’au 30 avril. Zéro activité, zéro loyer, il y a une certaine logique à cela. Dire que cela fait râler chez Unibail Rodamco Westfield, c’est un euphémisme. Déjà qu’ils n’ont pas la possibilité de louer leurs halls d’exposition, si les commerçants fermés ne paient pas les loyers, où va-t-on mon bon monsieur ? Klepierre, Carmila, Mercialys… seront bien obligés, à un moment ou un autre, de faire mieux que d’étaler les loyers pour les commerces concernés, qui enregistrent zéro euro de chiffre d’affaires et ne peuvent, la plupart du temps, assurer le paiement de leur loyer, alors que l’Etat tarde à mettre en place le remboursement des salaires accordés aux personnes mises en chômage partiel. Il ne faut pas oublier que les entreprises doivent faire leurs salaires et sont, en théorie, habilitées à demander le remboursement. On vous parle de prêt accordé automatiquement ? Le bankstérisme, dans toute sa splendeur, fait de la rétention. J’ai signalé à Bruno Le Maire, ministre de l’Economie, que, dans sa circonscription, on avait porté à ma connaissance plusieurs cas de restaurants qui avaient demandé à leur bankster favori (Crédit Agricole, Société Générale…) 15.000, 20.000 ou 30.000 euros de prêt, très en dessous du maximum légal, et dont les dossiers ne sont toujours pas, trois semaines ou presqu’un mois plus tard, transmis, car le bankster a « autre chose de plus pressé à faire ».
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