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Géopolitique : peut-on espérer (craindre) que la baisse du pétrole soit durable ? (1-2).
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
✍️ Par Nicolas MIGUET
Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 10 avril 2020 (numéro 1.035) : “Les enjeux du krach pétrolier, suite et fin ”. Bonne lecture !!!
Le lundi 30 mars 2020 entrera, c’est vraisemblable, dans les livres de l’Histoire économique. En quoi cette date est-elle si importante ? Pour la première fois, sauf erreur de ma part, dans l’Histoire du monde, certaines catégories de barils de pétrole ont été cotés à un prix négatif, inférieur à 0 dollar. Il s’agit de certains extraits bitumeux, ce ne sont pas des grosses quantités, mais c’est quand même un symbole particulièrement fort. La catégorie WTI, pétrole nord-américain par excellence, cotant moins de 20 dollars le baril, est tombée, en dollar constant, à un tarif équivalent ou peut-être légèrement inférieur à celui qui était constaté avant la crise pétrolière d’octobre 1973, avant la guerre du Kippour. C’est dire à quel point c’est un événement d’importance. Pour les catégories utilisées en Europe, le pétrole « Brent », on était à 22,88 dollars. Cela n’a pas empêché le titre Total de s’installer dans la fourchette entre 33 et 35 euros, visée dans un premier instant, lorsque j’avais conseillé l’achat de l’action Total entre 22 et 25 euros à celles et ceux qui ont pu me lire (Hebdo Bourse Plus numéro 1032, pages 6 et 7).
En dollars constants, retour à 1973.
Souvent, pour parler du prix du baril de pétrole, on utilise le dollar courant, il vaut beaucoup mieux utiliser le dollar constant. Cela est davantage représentatif des coûts d’extraction, qui sont historiquement faibles sur les champs pétrolifères du golfe arabo-persique, qui sont plus élevés dans la plupart des autres régions du monde, à l’intérieur des terres (onshore) ou en mer (offshore). On ne peut pas le nier, avec la mise en quarantaine des Economies mondiales, on a assisté, comme conséquence immédiate, à l’effondrement de la demande immédiate de pétrole. C’est logique. Cela a commencé par la Chine, cela s’est propagé ensuite au Japon, à l’Union européenne, aux Etats-Unis et a fait tache d’huile un peu partout dans le monde. La récession qui va s’ensuivre sera importante, et d’ailleurs le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, se garde bien de faire une seule prévision désormais. La récession sera beaucoup plus brutale dans les pays producteurs de pétrole et de gaz.
Cela va concerner au premier chef les Etats-Unis puisque, depuis désormais deux ans, les Etats-Unis sont premiers producteurs de pétrole au monde, avec l’exploitation des dérivés pétroliers et gaziers issus de la fracture du schiste. Cela pourrait d’ailleurs avoir des conséquences politiques en novembre 2020, avec le remplacement du tonitruant et imprévisible Donald Trump par le totalement gâteux démocrate centriste Joe Biden, ancien vice-président d’Obama. Dans la très puritaine Amérique, Joe Biden est surnommé « mains baladeuses », et les sourires des jeunes femmes qu’il aurait « pelotées » se répandent dans la presse. Fermons la parenthèse, revenons à nos moutons, aux conséquences de ce choc pétrolier, qui sera suivi très vraisemblablement d’un contre-choc. Tout d’abord, replaçons le roi sur son trône.
Charbon, pétrole, gaz...