La vice-présidente de l’Assemblée nationale et députée du Doubs déplore la perte de souveraineté industrielle de la France.

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✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Annie Genevard, vice-présidente de l’Assemblée nationale : « Si le poids de la dépense publique ne pesait pas tant sur l’emploi et sur les acteurs économiques, nous n’en serions peut-être pas là. »

Annie Genevard est députée LR du Doubs et première vice-présidente de l’Assemblée nationale.


L’Hebdo-Bourseplus : Les indépendants et les patrons de PME sont inquiets, malgré les récentes annonces d’Emmanuel Macron, car les comptables n’ont pas encore toutes les informations sur les aides de l’État. Comment suivez-vous cela ?

Annie Genevard : On a entendu les déclarations du président de la République et du ministre de l’Économie, et j’ai vu passer un certain nombre de publications de la part des cabinets comptables. Néanmoins, ce qui revient du terrain, c’est une profonde inquiétude de la plupart de ceux dont l’activité a dû cesser brutalement. Pour ceux qui ont des emprunts, qui ont fait des investissements, et qui sont donc soumis à des remboursements, la perte brutale d’activité est un drame absolu. Cela suscite une très profonde inquiétude. Ceux qui ont le droit de continuer d’exercer sont confrontés à une baisse importante de leur activité, car les gens consomment moins parce qu’il y a un vent de panique qui souffle sur la France. Dès lors que leur activité fonctionne, ils ne peuvent pas mettre une partie de leur personnel au chômage, alors qu’ils sont impactés par la crise sanitaire. Voilà les principales inquiétudes qui remontent du terrain. Il est clair que nous allons devoir prévoir des mesures budgétaires et il faudra que le Parlement vote des mesures exceptionnelles pour venir en soutien à l’activité économique, du moins permettre que cette activité économique puisse reprendre le moment venu.

Il faut que nous puissions conserver les entreprises, la main-d’œuvre qualifiée, et que l’activité économique puisse repartir dans les conditions les plus normales possible. C’est à cela que nous allons nous atteler. Il est indispensable d’annoncer des mesures budgétaires de soutien à l’économie, parce que nous n’avons jamais connu une situation comme celle-là. En 2008, il y a eu une crise économique très profonde, je l’ai vu sur le terrain parce que ma circonscription a beaucoup d’entreprises industrielles. Le soutien public a été déterminant, mais cela s’est joué à quelques jours. S’il n’y avait pas eu le soutien que le président Sarkozy avait décidé en son temps, il est clair que beaucoup d’entreprises auraient cessé définitivement leur activité. Et c’est ce scénario catastrophe qu’il faut à tout prix empêcher. Toutes les entreprises, grandes ou petites, ne doivent pas subir un choc mortel.


Le temps du politique n’est-il pas inapproprié face à un séisme de cette ampleur, car l’on se rend compte que seules les dictatures peuvent répondre rapidement à ces problèmes…

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