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Un registre des mauvais payeurs professionnels qui améliore le taux de recouvrement...
LA NOUVELLE ÉCONOMIE INTERVIEW
✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Alexandre Bardin, fondateur de Rubypayeur : « Aujourd’hui, les cabinets de recouvrement n’ont pas un réel levier de pouvoir pour exécuter un recouvrement. »
Rubypayeur, première solution de recouvrement digital, annonce avoir bouclé une première levée de fonds de 1 M€. Cette opération doit permettre à la start-up d’accélérer le déploiement de son service de recouvrement communautaire qui a déjà séduit près de 1 000 entreprises en seulement un an. En 2019, la France enregistrait plus de 13 000 défaillances d’entreprises liées à un impayé client, alors que 9 entreprises débitrices sur 10 sont solvables. Ces mauvais payeurs ne sont que très rarement inquiétés car ils savent que la plupart des entreprises préfèrent abandonner leurs créances plutôt que faire appel aux sociétés de recouvrement dont les frais sont élevés, les méthodes peu lisibles et l’efficacité relative. Ainsi, sur les 56 milliards d’euros d’impayés enregistrés chaque année, seuls 2 milliards sont recouvrés.
Rubypayeur est le premier et seul service de recouvrement de créances BtoB s’appuyant sur une technique communautaire démocratisée par la loi PACTE. La start-up permet à toute entreprise victime d’un mauvais payeur de signaler son retard de paiement via une indexation sur Google si le débiteur ne régularise pas sa situation à l’issue d’une procédure de recouvrement amiable. Cette approche permet de faire levier pour accélérer le paiement et éviter d’entrer dans la phase de recouvrement judiciaire. Rubypayeur propose ce service sans montant minimum de créance, avec une facturation uniquement au succès, et pour seulement 5 % du montant recouvré. Ce modèle, 3 à 4 fois moins cher que celui des acteurs traditionnels, rend possible le recouvrement de petites créances (moins de 1000 €) et ouvre ce service aux freelances, TPE et PME, dont la plupart étaient jusqu’ici exclus du système.
L’Hebdo-Bourseplus : Vous n’êtes pas une société de recouvrement comme les autres, puisque vous avez développé un fichier des mauvais payeurs. Est-ce légal ?
Alexandre Bardin : En réalité, nous n’avons pas un fichier des mauvais payeurs, puisque nous avons créé un annuaire qui fonctionne exactement comme Societe.com. Cela signifie que par défaut, nous avons une fiche par société française. Donc, nous avons 11 millions de fiches puisqu’il y a 11 millions de numéros de SIREN actifs en France. Sur chaque fiche, nous avons la possibilité de mettre en avant un retard de paiement, mais nous ne signalons ce retard de paiement que s’il a fait l’objet d’une procédure chez nous. Cela signifie que personne ne peut venir sur notre site pour dénoncer un mauvais payeur. Une entreprise nous confie un dossier de recouvrement et si au terme de cette procédure, nous n’avons pas réussi à récupérer l’argent, on signale le retard de paiement. Cet annuaire fonctionne dans les deux sens puisque, d’un côté vous avez le signalement des retards de paiement, mais de l’autre vous avez aussi le signalement des bonnes pratiques de paiement. Notre annuaire ne référence que des sociétés, pas des personnes physiques, car, ce qui est interdit, c’est de lister les mauvais payeurs particuliers. C’est une différence importante. Dans l’actualité récente, on a beaucoup parlé du fichier envisagé par la Fnaim pour référencer les mauvais locataires et l’on parlait bien de personnes physiques.
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