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Le papier change de main
ANALYSE GRAPHIQUE
✍️ Par Mustapha GHAILANE
La baisse s’est avérée finalement beaucoup plus forte que ne le laissaient supposer les premiers craquements « coronariens ». Ce sont bien les coronaires du système financier qui ont lâché, car le virus dont le nom y prend racine dans la terminologie médicale n’est finalement, qu’un catalyseur dans l’histoire. Pis, le timing de la dégringolade de ce marché condamné d’avance à chuter a pris de court même les opérateurs aguerris qui l’attendaient pour un peu plus tard. Mais les plus grosses victimes du séisme sont à rechercher parmi la petite spéculation qui fourmillait depuis des années autour des CFD, du SRD et autres Warrants vendus à prix d’or par les banksters et qui ne valent plus un clou aujourd’hui. La Saint Barthélemy de ces millions d’apprentis spéculateurs se termine dans le sang et entraîne dans la chute tout et n’importe quoi. Aujourd’hui, les bons titres à ramasser à la petite cuillère ne manquent pas, mais cela ne va pas durer. Les acheteurs finaux, les mains fortes n’en croient pas encore leurs yeux face à l’abondance des opportunités.
Or, la liquidation des comptes-titres de la spéculation ne va pas durer éternellement, surtout avec les moyens techniques d’aujourd’hui qui donnent aux intermédiaires la situation de couverture des comptes en temps réel. L’autre conséquence dans cette situation catastrophique est de voir les capitaux se ruer encore sur les obligations ! C’est assez hallucinant de voir leurs taux continuer à s’enfoncer dans le négatif aussi longtemps et aussi systématiquement. Là encore, il y a une grosse anomalie qui va finir tôt ou tard par se corriger mais dont les conséquences seront autrement plus redoutables que la chute des actions car cela touche en premier les États souverains qui basculeraient dans la cessation de paiement.
En attendant, il faut compter avec cette réserve colossale de capitaux non rémunérés, voire plutôt ponctionnés à hauteur des niveaux de leurs taux négatifs, qui à mon avis, est susceptible de déferler du jour au lendemain sur les actions matraquées comme la misère sur le pauvre monde. Il manque juste un « Coronavirus » inverse pour servir de catalyseur à la hausse. En attendant, la psychose est à son apogée et il ne faut donc pas céder à la panique et lâcher votre précieux papier que vous ne reverrez plus au prix actuel pendant des décennies. On commence à voir du volume en augmentation sensible, ce qui indique enfin une présence d’acheteurs. Il ne s’agit plus du tout des mêmes qui s’arrachaient des titres à des cours de plus en plus stratosphériques.
Ceux-là sont désormais complètement hors jeu sauf à vendre le peu de papier qui leur reste encore. Place aux vrais investisseurs et aux opportunistes industriels qui se contentent pour le moment de prendre ce qui vient, et ça vient plutôt beaucoup pour le moment. Une fois, le surplus de papier offert épongé, la hausse devrait s’installer solidement et durablement dans un marché complètement assaini. Sur le plan technique, l’indice Cac 40 a traversé tous ses supports majeurs comme dans du beurre, c’est du jamais vu, pas même en 1987 ! Cela en dit long sur le désert des acheteurs locaux.
C’est peut-être le moment de passer à une vraie politique fiscale en faveur des investisseurs en actions car il en va pour la survie à terme de l’ensemble de l’économie nationale. Retour donc à la case départ ! Celle du creux du 27 décembre 2018 qui avait servi de tremplin à la forte hausse de 2019 et du début de cette année. Après tout, il n’y a rien de grave car la Bourse fait toujours mieux que l’OAT 10 ans qui a ponctionné 0,35 % hors frais à l’obligataire sur la même période. C’est cela les montagnes russes pour ceux qui ne l’avaient pas encore compris. Acheter en bas de la montagne et vendre à l’approche de ses sommets. Pour cela, il faut de la discipline, de l’écoute et du sang froid.
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