⟵ Retour
HCSF, Coronavirus : quels impacts sur les taux et la production de crédit ?
IMMOBILIER
✍️ Par Nicolas MIGUET
Alors que le marché est déjà impacté par les recommandations du HCSF, l’épidémie de Coronavirus pourrait également avoir un effet. Depuis quelques semaines, le taux d’emprunt d’État à 10 ans est de nouveau en territoire négatif, et la baisse des cours boursiers pourrait inciter les investisseurs à privilégier l’immobilier comme valeur refuge. A condition que les banques continuent à prêter pour soutenir le dynamisme du marché, les volumes de crédit étant depuis le début de l’année en forte hausse par rapport à 2019. Vousfinancer fait l’analyse du contexte actuel et le point sur l’impact potentiel pour les emprunteurs.
C’est l’un des impacts économiques indirects du Coronavirus : depuis le 22 janvier, les taux d’emprunt d’État français, comme ceux d’autres pays européens excepté l’Italie, sont retombés en territoire négatif pour atteindre le 2 mars -0,31 % pour l’OAT 10 ans, un niveau inédit depuis début octobre 2019. L’explication : dans le contexte actuel d’instabilité boursière et sanitaire, les investisseurs privilégient les placements considérés comme non risqués, tel quel les emprunts d’État des pays peu impactés, qui voient ainsi leurs taux diminuer. Par ailleurs, les incertitudes sur les conséquences économiques de l’épidémie devraient inciter la Banque Centrale Européenne à poursuivre sa politique de taux accommodante et contribuer ainsi au maintien des taux bas.
Si la baisse des taux d’emprunt d’État se poursuit, celle-ci pourrait aider à la reconstitution des marges des banques qui pourraient alors répercuter cette diminution, au moins pour les meilleurs profils. Mais il est encore trop tôt pour observer un réel impact sur les taux de crédit. En mars, une grande banque nationale a tout de même baissé ses taux de 0,10 % sur toutes les durées, et une banque régionale les a diminués de 0,07 %. Globalement, la plupart des banques ont laissé leurs taux stables, bien que certaines les aient remontés, parfois uniquement sur les tranches de revenus les plus modestes, les dossiers sans apport ou sur les durées les plus longues.
Pour la première fois une banque propose une décote de 0,10 % pour des dossiers de financement de résidence principale avec un taux d’endettement inférieur à 33 %, mais sous conditions de revenus. « Depuis fin janvier, on constate chaque jour l’impact des recommandations du HCSF aussi bien dans les critères des banques que sur les grilles de taux. Les taux restent globalement très attractifs, mais les banques les remontent sur les durées de 25 ans, les revenus les plus faibles ou avec peu d’apport. À l’inverse, les emprunteurs avec 20 % d’apport – 10 % pour financer les frais + 10 % de la valeur du bien – qui achètent leur résidence principale et qui peuvent rembourser leur crédit sur 20 ans sans dépasser 33 % d’endettement obtiennent toujours des taux très avantageux !
Une banque propose même désormais une décote de taux de 0,10 % lorsque le critère des 33 % est respecté » indique Sandrine Allonier, porte-parole de Vousfinancer. Comme on le pressentait depuis quelques semaines, les investisseurs sont les premiers impactés par les recommandations du HCSF qui préconise de limiter les durées de prêt à 25 ans et d’emprunter avec un taux d’endettement inférieur à 33 %. « Les investisseurs sont inévitablement impactés, car, pour maximiser l’effet levier du crédit, ils empruntent avec le moins d’apport personnel possible et sur des durées longues, de telle sorte que le futur loyer couvre la plus grande partie de la mensualité du crédit immobilier.
En outre, les investisseurs sont déjà souvent propriétaires de leur résidence principale sur laquelle ils ont un crédit en cours. Leur endettement dépasse donc dans la plupart des cas 33 % si on prend en compte leur investissement futur sans prise en compte des loyers futurs. Aujourd’hui, beaucoup de dossiers de ce type sont refusés dans les banques classiques » ajoute Jérome Robin, directeur général de Vousfinancer.
Pour lire ce numéro (Accès numérique)
Validez le formulaire ci-dessous
Tarif valable jusqu'au 28/02/2027 sous réserve de variation du taux de TVA.
L'Hebdo Bourse Plus sort un numéro double fin juillet et ne paraît pas en août.
Les paiements sur notre site sont sécurisés et traités par Stripe, un prestataire de paiement en ligne de confiance. Vos informations de paiement sont protégées par des protocoles de sécurité de pointe, garantissant une expérience d'achat sûre et sécurisée. Vos données sont protégées par le chiffrement TLS et la tokenisation. Stripe est certifié conforme aux normes de sécurité PCI DSS.