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Peugeot : les records de 2019 peuvent-ils être battus en 2020 ?
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
✍️ Par Nicolas MIGUET
Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 13 mars 2020 (numéro 1.031) : “Saint-Gobain se transforme vite ”. Bonne lecture !!!
PSA est en vue d’une marge opérationnelle à deux chiffres. En 2013, les ventes du groupe PSA ont été inférieures au point mort, du coup, la marge opérationnelle des marques Peugeot et Citroën représentait une perte de 2,8 % du CA. L’équilibre a été renoué en 2014 puis la marge n’a cessé d’augmenter à partir d’un vrai bond en avant à 5 % du CA en 2015, notamment grâce au premier gros succès issu de la plate-forme EMP2 : la 308 de nouvelle génération. En août 2017, le groupe PSA a pris le contrôle d’Opel-Vauxhall. La marge opérationnelle d’Opel était négative à hauteur de 2,5 % du CA sur les cinq mois de détention de cette nouvelle filiale, dès 2018, la marge opérationnelle était positive à hauteur de 4,7 % du CA, puis à 6,2 % du CA en 2019. Ce sera mieux en 2020, obligatoirement, tout simplement parce que, jusqu’au milieu de l’année 2019, Opel a vendu dans de mauvaises conditions commerciales des véhicules issus de la gamme General Motors, les Adam, Karl ou les Mokka X, pour ne parler que des véhicules disposant de volumes significatifs.
Moins de ventes, mais plus rentables.
En 2019, bien que le nombre d’exemplaires commercialisés ait été réduit de 10 % (fin des montages sous licences en Iran et nettoyage de la gamme Opel, pour les raisons principales, nouvelle baisse en Chine pour une raison significative), le groupe a réussi l’exploit d’augmenter de plus de 700 millions d’euros son CA, le résultat opérationnel ajusté étant passé de 7,7 % du CA à 8,5 %. Même si les coûts de restructuration ont été augmentés de presque moitié, passant de 1,05 à 1,53 milliard d’euros, PSA a sorti un résultat net part du groupe record de 3,201 milliards d’euros. La partie automobile du groupe a frôlé les 59 milliards d’euros de CA, Faurecia a connu une croissance légèrement plus importante, à 17,77 milliards.
Ceci étant dit, c’est un exploit, dans un contexte de baisse du marché mondial de l’automobile, une baisse qui devrait se poursuivre en 2020. Le marché a fait subir à Peugeot une baisse de l’activité au titre des variations de cours de change, au titre des volumes vendus, en direct ou à des partenaires (Peugeot fournit des moteurs et des voitures à différents autres constructeurs), mais cela a été beaucoup plus que compensé par une augmentation tarifaire et un mix produit particulièrement plus avantageux, du fait du développement progressif de tout un tas de nouveaux SUV notamment issus de la plate-forme EMP2. Les ventes mondiales de véhicules finis sont tombées de 3,878 millions à 3,479 millions entre 2018 et 2019. Si l’on exclut l’Iran, la baisse est de 6,8 %. Carlos Tavares aurait eu beaucoup de raisons de ne pas sortir de bons résultats.
Opel change de culture : vendre, oui, mais avec une marge.