Bonduelle et LDC : deux entreprises de l’agroalimentaire portées par la mode.
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 6 mars 2020 (numéro 1.030) : “Peugeot peut-il sortir une marge à deux chiffres ? ”. Bonne lecture !!!
L’agroalimentaire est à la croisée des nouvelles habitudes de consommation. Etes-vous flexitarien ? Vegan ? Ou simplement amateur de bio ? Il y a quelques années, on ne se posait pas ce genre de question. Désormais, avec les nouvelles générations, l’alimentation change, les produits transformés ne sont plus véritablement à la mode, ils sont réputés faire grossir, contenir trop de sel… et des perturbateurs endocriniens, dont des agents de conservation qui sont contestés. Il y a quelques années, il y avait la France qui cuisinait au beurre (et à la crème), et il y avait la France qui cuisinait à l’huile (dont l’huile d’olive), mais il n’y avait pas véritablement de mixité entre les deux et encore moins de cuisson à la vapeur. C’est un peu l’histoire du pain au chocolat contre la chocolatine. Progressivement, les fabricants d’huile ont pu imposer l’huile d’olive, bien que plus chère, dans les habitudes alimentaires, et pas uniquement pour les salades. La France est, en Europe, un tout petit producteur d’huile d’olive, un très gros consommateur, important ses huiles de Tunisie, d’Espagne, d’Italie et de Grèce principalement.
La grande distribution a une offre trop vaste.
S’il n’y a que 6.000 ou 7.000 références dans un magasin Lidl, il y en a 30.000 ou 40.000 dans un Carrefour Market, et entre 50.000 et 60.000 dans un hypermarché style Géant Casino ou E.Leclerc. Certaines enseignes sont à la tête d’un véritable empire industriel, comme Intermarché, qui a préempté le créneau de fabricant commerçant, qui fut naguère tenu par le groupe Casino. Les grands distributeurs font travailler entre 2.000 et 3.000 PME chacun, pas toujours les mêmes, avec des entreprises parfois de taille très petite, notamment dans le bio. Ces fournisseurs ne vendent pas sous leur propre marque, ils vendent sous la marque du distributeur, à des conditions qui sont parfois tendues pour ce qui concerne les contrats, on a pu le voir en 2019 avec la hausse du prix du porc, qui n’a pas été répercutée par les distributeurs. Au mieux, ils ont concédé « en clause de rattrapage » 1 % ou 2 % d’augmentation des tarifs au milieu de l’année 2019, et ce fut tout, alors que les prix du porc ont doublé car la Chine est devenue fortement importatrice, son cheptel ayant été atteint par une forte épizootie. Très peu d’entreprises sont aujourd’hui cotées pour ce qui concerne les fabricants de l’alimentaire. Le groupe Bonduelle est certainement le plus connu. Cette entreprise d’origine familiale et nordique s’est spécialisée dans la production et la commercialisation de légumes transformés qui sont destinés à la distribution grand public, à la restauration et à l’industrie.
Bonduelle : la nourriture végétale.
Bonduelle possède outre la marque éponyme, la marque Cassegrain, Arctic Gardens, Globus, Ready Pac et Del Monte. C’est le numéro un européen dans les produits frais, c’est également le numéro un européen pour ce qui concerne les légumes en conserve, le groupe est également très fort dans les surgelés. Depuis peu, son principal marché se situe aux Etats-Unis, un petit quart du CA est réalisé en France, un gros dixième au Canada, en Europe hors de France, cela représente également environ un quart du CA. La croissance interne comme la croissance externe explique le passage d’un peu moins de 2 milliards d’euros de CA pour l’exercice terminé le 30 juin 2016 à presque 3 milliards d’euros de CA désormais (estimation pour l’exercice qui se terminera fin juin 2020). Bonduelle est une entreprise rentable, modestement endettée. Si le personnel détient un peu moins de 4 % du capital, la famille reste fermement accrochée à la boutique, elle est à environ 56 % du capital, à travers une SAS ou en direct. Dans une conjoncture pourtant très difficile (les récoltes ont été impactées par des vagues de chaleur en Europe comme sur d’autres zones géographiques), le groupe Bonduelle a sorti un CA de 1,442 milliard d’euros au premier semestre de son exercice 2019-2020, achevé le 31 décembre dernier. L’entreprise a connu une croissance de 2,5 % en données publiées, et de 0,6 % à taux de change constant. L’impact des changes a été favorable, puisque le dollar américain, le dollar canadien et le rouble russe ont progressé face à l’euro. L’accélération était notable sur la période octobre novembre décembre, notamment avec la conquête de nouveaux marchés dans l’activité frais de Bonduelle en Amérique du Nord, qui a étendu sa gamme chez les clients existants. Cette bonne performance en Amérique du Nord a réduit le pourcentage de l’Europe dans l’activité à 44,4 % contre 45,7 % au premier semestre du précédent exercice. Le groupe avait perdu un client en Allemagne, cela a eu un effet résiduel.
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