Éoliennes : chronique d’un naufrage annoncé.

LITTÉRATURE

✍️ Par Yannick URRIEN

Le sujet des éoliennes s’inscrit au cœur de l’actualité. L’année dernière, Pierre Dumont et Denis de Kergorlay ont publié un ouvrage dans lequel ils dénoncent cette utopie écologiste. Denis de Kergorlay est président du cercle Interallié, ancien trésorier de Médecins sans frontières et président de la French Heritage Society : « Notre livre continue de susciter beaucoup d’intérêt, parce que la bataille des éoliennes est importante. Mon titre, Chronique d’un naufrage annoncé, était peut-être un peu optimiste, j’espère bien que nous allons continuer à nous battre et à faire éclater un certain nombre de vérités au sujet des éoliennes, mais les gens d’en face représentent des intérêts financiers puissants. Ce sont des lobbys très introduits dans le monde politique et c’est une vraie bataille ».

Pendant longtemps, les opposants aux éoliennes ont été caricaturés, mais l’auteur se réjouit de constater que les choses changent : « Les gens qui émettent des réserves sont davantage écoutés. Quand j’étais jeune, dans les années 70, mes premières années de militantisme étaient en faveur de l’écologie. Ce mot a commencé à être connu lorsque René Dumont a fait sa campagne présidentielle. René Dumont était en réalité un tiers-mondiste. Il parlait beaucoup des relations économiques entre les pays développés et les pays en voie de développement, et, pour un ensemble de raisons, comme c’était une figure connue, les écologistes sont allés le chercher. C’est la première fois que les Français ont entendu parler d’écologie sur les ondes ».

Cependant, il nous confie avoir vite déchanté : « Au bout de trois ans de militantisme, j’ai constaté que les écologistes tiraient à boulets rouges contre les centrales nucléaires. C’était leur combat à 95 % et tout le reste était oublié. C’est pour cette raison que je me suis éloigné pour m’intéresser davantage à l’humanitaire, parce qu’il y a vraiment un rapport direct entre l’action que l’on mène et les résultats que l’on obtient. Pour des raisons familiales, je me suis intéressé aux questions du patrimoine. Cela fait 40 ans que je me bats pour le patrimoine, à travers différentes associations et, tout d’un coup, je retrouve les descendants de mes anciens camarades écologistes, que je n’hésite plus à accuser de mensonge ».

En effet, Denis de Kergorlay fait grief aux écologistes de ne pas l’être réellement : « Il y a une véritable mystification qui vient de ce mouvement écologiste. Dans l’ADN de cette formation, il y a la lutte contre le nucléaire, mais ce n’est qu’au début des années 80 qu’un lien est établi par les scientifiques entre les énergies fossiles, le gaz, pétrole ou le charbon et les émissions de CO2 qui provoquent le réchauffement climatique. Une alerte est lancée autour des énergies fossiles. Si les écologistes avaient été intellectuellement honnêtes, ils auraient dit : « Notre ennemi c’est le nucléaire, en raison de la dangerosité du nucléaire et des déchets nucléaires, mais nous devons reconnaître que le nucléaire n’est pas mauvais pour le climat ».

Or, ils ont continué de désigner le nucléaire comme l’ennemi principal et ils sont même arrivés à faire croire aux populations que le nucléaire est mauvais pour le climat. Alors que, quand il n’y a pas de vent, vous êtes obligé de remplacer les énergies renouvelables par des usines thermiques qui émettent du CO2. C’est le piège dans lequel est tombée l’Allemagne après Fukushima. Depuis l’arrêt du nucléaire, ils ont été contraints de rouvrir la production d’électricité à partir du charbon. C’est un pays de plus en plus pollueur et il est pourtant montré comme un bon élève par nos écologistes. Il y a un profond mensonge et cela va être le rôle des gens comme moi de montrer que l’écologie est une chose sérieuse, que défendre l’environnement est un combat essentiel, que lutter contre le réchauffement climatique est un combat essentiel, mais que ce n’est pas par des méthodes frauduleuses que l’on y arrive. C’est pour cette raison que j’annonce un naufrage pour les marchands d’éolien, parce que nous avons une démarche de vérité. Cette bataille est en train de prendre corps dans l’opinion. Nous sommes entendus, mais nous sommes encore extrêmement minoritaires ».

Lorsqu’il parle de « naufrage annoncé », l’auteur pèse ses mots : « Le dossier à charge est lourd. Je suis arrivé à m’intéresser à cette question en partant du patrimoine. Je défends nos monuments et nos paysages depuis longtemps et, il y a quelques années, on est venu me voir pour m’alerter de ce sujet des éoliennes. Depuis 2013, j’ai augmenté mon niveau de conscience sur cette question. J’évoque la destruction des paysages, ces éoliennes font 200 mètres de haut, mais aussi la question d’environnement. L’écologie, c’est d’abord défendre la biodiversité, mais ces machines massacrent par millions les oiseaux migrateurs, tuent les chauves-souris, laissent des blocs de béton considérables comme socles pour ces machines, sans oublier qu’il faut des terres rares pour alimenter les moteurs de ces éoliennes. Il faut aller les chercher en Chine, où les travailleurs sont quasiment en condition d’esclavagisme. Il y a la pollution qui est considérable, les dépenses de CO2 pour la fabrication et le transport de ces machines sont considérables... Donc, c’est véritablement un désastre environnemental. Pour les populations environnantes, les nuisances sont catastrophiques, entre la pollution visuelle, le bruit ou les infrasons dont on ne mesure toujours pas l’impact sur le monde animal et le monde humain. En allant plus loin, vous voyez qu’il y a tout un mécanisme financier autour des éoliennes qui fait que nos amis écologistes, qui se déclarent anticapitalistes, sont en réalité les pourvoyeurs d’affaires des pires capitalistes internationaux. C’est toute la finance internationale totalement dérégulée. Et toutes ces sociétés qui nous fourguent des éoliennes actuellement en France sont des sociétés qui font remonter des profits dans les paradis fiscaux. Quel est l’intérêt pour la France de se faire envahir par ces machines ? »

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