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Les constructeurs automobiles peuvent-ils relever les défis environnementaux ?
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
✍️ Par Nicolas MIGUET
Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 28 février 2020 (numéro 1.029) : “L’agro-alimentaire à la croisée des nouvelles habitudes de consommation ”. Bonne lecture !!!
Pour certains constructeurs, le principal défi, à court terme, c’est le Covid-19, le doux nom donné au nouveau coronavirus issu d’une région très fortement industrialisée du centre de la Chine, avec comme capitale Wuhan, qui ne peut plus exporter de pièces souvent essentielles pour la fabrication d’un certain nombre de modèles. Jaguar Land Rover, constructeur britannique qui s’approvisionne essentiellement au Royaume-Uni et en Europe, est tellement coincé, pour quelques pièces (on parle de systèmes d’ouverture des véhicules… bourrés d’électronique) que la filière d’importation ressemble désormais presque à la contrebande, sous forme de valises bourrées de pièces, car 80 à 85 % des vols en provenance ou à destination de la Chine, voire des vols intérieurs, sont actuellement supprimés.
De la même manière qu’un cochon traversait Paris dans une valise dans le film génial de Claude Autant-Lara « La traversée de Paris », désormais, des systèmes d’ouverture et de fermeture automatique de véhicules traversent le monde dans des valises, un peu capitonnées tout de même, de manière à ce que les chaînes de fabrication situées au Royaume-Uni ou ailleurs dans le monde ne soient pas obligées de s’interrompre, parce qu’une seule pièce leur manque.
Du thermique à vendre, de l’électrique à inventer.
Les constructeurs automobiles, quelle que soit leur ancienneté dans le métier, sont en train de travailler d’arrache-pied pour transformer leurs systèmes de propulsion, à terme, alors que, à court terme, ils ont toujours des moteurs essence, Diesel et autres systèmes thermiques à construire, qui représentent l’essentiel des besoins de la clientèle d’aujourd’hui, mais qui ne seront pas obligatoirement l’essentiel des besoins de demain. Beaucoup de constructeurs doivent s’interroger sur la façon la plus judicieuse d’allouer leurs richesses, leurs dépenses de R & D. Il y a quelques années, lors de la création du bonus et du malus, quasiment tous les véhicules à moteur Diesel bénéficiaient d’un bonus, ils étaient réputés moins polluants que les moteurs à essence, les constructeurs ont été presque obligés par les pouvoirs publics à mettre des petits moteurs Diesel sur les véhicules urbains, ce qui était, vu le kilométrage, une aberration. Les pouvoirs publics varient en fonction des sondages, des modes du moment, ce n’est pas le rythme d’un industriel. Actuellement, le fabricant chinois CATL met en avant ses batteries sans cobalt, à coût réduit puisque cette matière première est un des métaux les plus onéreux qui entre dans la fabrication des véhicules électriques. La plupart des constructeurs de véhicules électriques utilisent pour l’instant des batteries nickel-cobalt-aluminium (NCA) ou nickel-manganèse-cobalt (NMC) pour équiper leurs véhicules.
Réduire le coût des batteries.