Éoliennes. La face noire de la transition écologique.
LITTÉRATURE
C’est un sujet qui alimente de nombreux débats : les éoliennes. Fabien Bouglé est depuis dix ans expert de l’éolien et auteur de nombreuses études et tribunes alertant sur ce sujet. Ce chef d’entreprise explique pourquoi derrière cette vertueuse image verte, il existe en réalité un véritable problème « de pollution, d’émissions de CO2, d’atteintes à la santé et à la biodiversité, mais aussi de détournement de fonds publics, d’augmentation du prix de l’électricité, de conflits d’intérêts, et on retrouve même la mafia… »
Pour Fabien Bouglé, les choses commencent à changer : « Récemment, Stéphane Bern a rapporté une discussion qu’il a eue avec le président Macron sur les éoliennes et le président lui a dit : « Les Français n’en veulent plus ». Actuellement, nous sommes à un niveau de saturation optimum. Les éoliennes sont des monstres d’acier qui font entre 150 et 200 mètres de haut, et j’ai même entendu parler de projets d’éoliennes de 240 mètres de haut dans l’Yonne ! Sous prétexte de sauver la planète, on est en train d’installer des systèmes industriels qui font la moitié de la Tour Eiffel, composés d’éléments polluants, les fibres de carbone sont non recyclables et la prise de conscience va au-delà des personnes qui sont directement concernées par un projet de centrale avec des éoliennes. Les gens en ont assez de ces éoliennes qui ne correspondent pas du tout à quelque chose que l’on pourrait qualifier d’écologique. Cela fait du bruit, c’est une pollution lumineuse... Ces éoliennes angoissantes sont en train de taper sur le système des Français, mais aussi des Allemands, des Norvégiens ou des Polonais, puisque la Pologne vient d’annoncer la fin des éoliennes. La Norvège a également annoncé la fin de son plan national d’installation d’éoliennes. En plus, les éoliennes sont de plus en plus grandes : il y a dix ans, on était à des éoliennes de 120 mètres de haut et, aujourd’hui, on atteint les 240 mètres, alors que la loi prévoit une limite de 500 mètres des habitations ! C’est tout simplement monstrueux ». On pourrait accepter les éoliennes si elles étaient efficaces : « L’intermittence se calcule, non pas en fonction du temps de fonctionnement, mais en fonction du facteur de charge. Le facteur de charge, c’est le rapport entre la production électrique d’une éolienne pendant une année par rapport à sa production électrique maximale théorique. En France, le facteur de charge est de 22%, contre 20% en Allemagne. Intuitivement, on se rend bien compte que les éoliennes ne tournent pas tout le temps et, pour compenser cette intermittence, on est obligé d’utiliser des usines au pétrole ou au gaz, ou en Allemagne au charbon ou au lignite, ce qui est extrêmement impactant en termes de pollution, puisque la pollution vient de l’Est. Pour faire fonctionner les éoliennes, on est obligé de les coupler à des usines au charbon, au gaz, ou au pétrole, pour des raisons de continuité dans le réseau électrique. C’est tout le paradoxe des éoliennes, qui sont loin de l’image vertueuse diffusée dans les publicités des promoteurs de l’éolien ».
Dans son livre, il aborde également les effets des éoliennes sur la santé : « Mon livre est une sorte de note de synthèse globale des études qui ont été réalisées : je n’invente rien, je ne donne que des chiffres. Je pense que la fin de l’éolien n’est plus qu’une question de quelques années. C’est en train de s’effondrer au niveau international, ce qui explique d’ailleurs l’agressivité commerciale des promoteurs éoliens. Dans les études mondiales, aux États-Unis, je cite un village où ils ont été obligés de faire partir plusieurs habitants compte tenu de troubles de santé majeurs. Or, le service public local a établi, après des études, que l’éolien avait un impact majeur sur la santé. Par la suite, il y a eu un certain nombre de colloques avec des acousticiens qui expliquent comment les infrasons produits par les éoliennes ont des impacts graves sur la santé. Ces études ont été corroborées par un biologiste allemand qui évoque l’impact moléculaire des infrasons produits par les éoliennes. En Allemagne, l’Académie de médecine a émis une alerte sur les impacts des éoliennes. Pour mémoire, les infrasons ne sont pas audibles, ce sont des sons que le corps perçoit, sans qu’ils soient entendus, mais qui causent de graves troubles : vertiges, problèmes cardio-vasculaires, acouphènes, malaises ou problèmes pour dormir. Ce sont des phénomènes étudiés dans le monde entier par les médecins. Ces infrasons sont diffusés jusqu’à 20 kilomètres par rapport au lieu d’implantation des éoliennes. Pour aller plus loin, les États-Unis et la Chine ont même mis en place des armes de guerre avec des infrasons ! »
Il évoque par ailleurs les éoliennes en mer : « En France, il n’y a qu’une éolienne en mer, Floatgen, au large du Croisic. Heureusement, nous avons réussi à faire retarder l’installation des autres éoliennes en mer. Les promoteurs annoncent que les travaux vont commencer, mais je milite encore pour la fin des éoliennes en mer, car ce serait une véritable catastrophe pour notre pays. Il faut comprendre que ce ne sont pas des éoliennes offshore, puisqu’elles sont installées à 15 kilomètres des côtes. L’impact environnemental est énorme. Il y aura des câbles à haute tension sur les plages pour raccorder les éoliennes au réseau électrique et ce sera une dégradation majeure de l’environnement. Il y a le surcoût de ces éoliennes, on parle de 30 milliards d’euros, le chiffre n’a pas été contesté, et cela posera exactement le même problème que les éoliennes terrestres. Malheureusement, ces éoliennes auront un impact sur les métiers de la pêche et du tourisme. Il est extrêmement grave d’avoir des éoliennes à 15 kilomètres des côtes et elles ont aussi l’inconvénient majeur de créer des infrasons qui ont la particularité d’être diffusés encore plus facilement dans le monde marin : donc, cela aura un impact sur les baleines. On a de nombreux exemples d’échouage de baleines à proximité des éoliennes en mer du Nord ou aux États-Unis. L’administration Trump est en train de reculer sur les grands projets d’éoliennes en mer au large de New York pour cette raison. Des études indiquent également que les éoliennes font fuir les poissons jusqu’à 50 kilomètres. Au Havre, le personnel des usines ne devrait être recruté qu’à partir de décembre 2020. Je trouve que les signaux sont contradictoires... De toute manière, le projet de Saint-Nazaire fait partie des six projets pour lesquels nous allons déposer une plainte au tribunal de l’Union européenne sur les aides d’État. La Commission européenne a validé le fait que le prix de rachat de l’électricité des éoliennes en mer pouvait être quatre fois supérieur aux prix habituels, ce qui explique les 30 milliards d’euros de subventions, et nous allons porter plainte sur ce point au tribunal de l’Union européenne ».
Cette fois-ci, c’est donc sur la question des aides publiques qu’il va tenter de faire annuler ces projets d’éoliennes : « Oui. Nous avons un tarif habituel de l’électricité, qui est à 45 euros le mégawatt heure. La particularité des promoteurs éoliens, c’est qu’ils ont un prix garanti de 82 euros le mégawatt heure pour les éoliennes terrestres et autour de 175 euros pour les éoliennes marines. Ce sont des subventions qui sont accordées aux promoteurs éoliens et ces subventions sont financées par le consommateur à travers sa facture d’électricité, via une taxe qui s’appelle la CSPE, qui représente 15 à 20 % de la facture, et aussi à travers la taxe carbone sur l’essence, puisque la crise des Gilets jaunes a commencé avec l’augmentation de cette taxe qui sert à financer les subventions à l’éolien. Ces subventions vont directement dans les poches des promoteurs éoliens ». Fabien Bouglé ajoute : « Il faut se poser la question de ces élus qui sont prêts à encourager l’installation de ces éoliennes par des groupes chinois et japonais pour l’île d’Yeu et Le Tréport. Iberdrola est actionnaire du parc de Saint-Brieuc. Les gens qui défendent la fin de ces projets éoliens sont à mes yeux beaucoup plus patriotes que ces gens qui sont prêts à vendre notre pays ! Mais il y a des élus courageux, comme le maire communiste du Tréport, qui défend les pêcheurs et leurs familles car plus de 250 emplois en mer sont impactés. J’ai déposé une plainte pour corruption, car de l’argent a été donné à des mairies par un consortium industriel pour des soi-disant spectacles culturels. De l’argent a été donné également au Vendée Globe. J’ai aussi saisi l’Agence française anticorruption. Les élus ne sont pas équipés intellectuellement pour faire face aux armadas de commerciaux des promoteurs éoliens qui font du lobbying en leur offrant des voyages et des bonnes soirées... »
Enfin, derrière tout cela, il y a l’argent de la mafia : « Encore une fois, je n’invente rien ! En Italie, il y a des très grosses affaires, avec même un ministre poursuivi pour corruption, parce que Cosa Nostra avait demandé à ce ministre de changer la loi sur les éoliennes pour que les bénéfices soient plus importants. Le représentant de Cosa Nostra dans l’éolien s’appelle Vito Nicastri. On découvre que la mafia italienne a progressivement réussi à infiltrer tout le secteur de l’éolien en profitant des subsides européens et qu’elle a même installé des holdings dans des paradis fiscaux. Il y a une porosité entre le milieu de l’éolien et certaines structures de type mafieux. »
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