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Le rejet de l’amendement du député Bricout génère un séisme politique !
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✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Guy Bricout, député UDI du Nord : « Le nouveau monde est encore plus aux ordres que l’ancien monde ! »
Guy Bricout n’était pas connu du grand public jusqu’à la semaine dernière. Or, il est devenu une vedette des médias en quelques jours ! Il est l’auteur de ce fameux amendement visant à faire passer de cinq à douze jours le congé pour les parents ayant perdu un enfant. Malgré le soutien de la fédération d’associations comme Grandir sans cancer, l’Association des accidentés de la route et l’Union nationale des associations familiales, le texte a été rejeté en commission des affaires sociales et remplacé par une autre proposition, portée par LREM et le MoDem, qui, selon Guy Bricout, « dénature et annule complètement l’esprit même » de son projet.
Depuis, la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, a invoqué « une erreur collective » et Emmanuel Macron a demandé au gouvernement « de faire preuve d’humanité ». Muriel Pénicaud avait d’abord mis en avant un argument économique pour justifier son opposition à la proposition de loi. « Le congé paternité, c’est onze jours. Il y a 700 000 naissances par an, 70 % prennent un congé de paternité. Cela fait 500 000 congés de paternité de onze jours par an. Là, les décès, fort heureusement, ce n’est que 4 500 cas. Si l’on exclut ceux qui sont en congé parental ou qui ne travaillent pas, cela fait 3 000 situations. J’ai discuté avec des entrepreneurs qui disent qu’ils n’ont jamais connu ça », lui a répondu Guy Bricout.
L’Hebdo-Bourseplus : Quelle est l’origine de votre amendement sur l’allongement du congé en cas de deuil d’un enfant ?
Guy Bricout : J’avais rencontré des associations, comme le Sourire de Lucie, qui m’avaient sensibilisé à ce grave problème du décès d’un enfant, et c’est avec ces associations que j’ai élaboré ma proposition de loi. Alors, pourquoi douze jours ? D’abord, les cinq premiers jours, on a la tête dans le guidon. Il y a les funérailles et les formalités administratives. Après, on se retrouve seul et on a besoin d’une semaine pour reprendre son souffle et penser à l’avenir. J’ai rédigé cette proposition de loi en étant convaincu qu’elle ferait consensus.
D’ailleurs, tous les groupes politiques ont répondu oui, sauf En marche ! J’ai commencé à avoir des désillusions quand je suis allé voir le cabinet de Madame Pénicaud, qui m’a répondu que ce n’était pas possible parce que ce serait une somme à la charge de l’entreprise. À ce moment-là, je me suis dit que ce ne serait pas aussi facile. Dans l’hémicycle, je me suis mis la tête dans les mains, parce que j’avais perdu à 40 voix contre 38. Pourtant, il y a 4 500 deuils chaque année et, si l’on compte que cela représente environ 500 euros par entreprise, cela représente à peu près 2 millions d’euros comparés à 70 millions pour le congé de paternité.
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