De magouilles en magouilles, les banksters essaient de surnager !
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 14 février 2020 (numéro 1.027) : “Le premium : une bulle excessive et dangereuse. ”. Bonne lecture !!!
Lors de la conférence de presse qui a suivi la présentation de ses résultats (assez bons au demeurant), Jean-Laurent Bonnafé indiquait qu’il était assez prudent pour l’exercice 2020, qu’il n’avait pas l’intention de s’intéresser aux activités de banque de détail en France du Britannique HSBC, qui cherche à se désengager. La Banque Postale, qui, selon nos informations, se trouve sur le dossier, va être bien seule, elle pourra faire une proposition au ras des pâquerettes. Au cours des dernières années, BNP Paribas s’est refait la cerise, après l’énorme amende nord-américaine, en cédant un certain nombre d’actifs, comme notamment Hawaiian First, une de ses filiales nord-américaines. La cession progressive de l’essentiel du capital de cet établissement a ramené un renforcement des fonds propres, via des plus-values assez coquettes. Jean-Laurent Bonnafé n’a pas l’intention de se désengager de sa filiale américaine Bank of the West, qui est une affaire rentable, bien dotée en fonds propres.
BNP Paribas a renoué avec ses vieux démons de la BFI.
Même si les résultats de 2019 ont été dans l’ensemble bons, il ne faut pas oublier le caractère très spéculatif d’une partie significative du résultat. Bien que BNP Paribas se soit lancée dans des activités auxiliaires (promotion immobilière, gestion de flottes de voitures, financement des ventes d’Opel et de Vauxhall à 50-50 avec Banque PSA Finance…), le groupe BNP Paribas reste encore très dépendant de la banque de détail en France, en Italie et en Belgique. Les taux bas ne sont pas pour arranger BNP Paribas, comme ses concurrents d’ailleurs. Son principal concurrent de la zone euro, la banque espagnole Santander, est davantage présente au Royaume-Uni, et participe, sur l’essentiel de ses marchés, au financement des ventes des marques Peugeot, Citroën et DS, via 50 % de coentreprises avec Banque PSA. La forte dimension de Santander dans les Amériques est un complément de rentabilité beaucoup plus puissant que la présence internationale de BNP Paribas. Du coup, Santander, qui est actuellement la première capitalisation boursière bancaire de la zone euro, se trouve dans une situation de se renforcer, là où BNP Paribas est dans une situation plus délicate. La comparaison des comptes des deux grandes banques de la zone euro sur le dernier trimestre de 2019 est édifiante. La persistance d’une politique de liquidité « robinets ouverts » par la Banque centrale européenne n’est pas facilitante, puisqu’elle amène des taux d’intérêt négatifs, les banques créditrices sont ponctionnées au profit de la Banque centrale, lorsqu’elle place de l’argent en dépôt.
Coûts fixes trop élevés.
Le titre BNP Paribas avait regagné un bon tiers en 2019, depuis le début de l’année 2020, c’est la soupe à la grimace qui est de nouveau de mise. Le grand souci, pour les banques universelles, c’est que les coûts fixes sont élevés, avec la persistance de réseaux de moins en moins fréquentés, mais qui comptent des loyers, des frais de maintenance, de surveillance… Du coup, il faut se rattraper sur des activités plus risquées, concernant les marchés de taux, de devises et de matières premières, sans oublier l’activité BFI (banque de financement). La base de comparaison du T4 de 2018 étant faible, l’affichage est joli, puisque, sur les trois derniers mois de 2019, le résultat net de BNP Paribas a augmenté de 28,2 % à 1,85 milliard d’euros, sur un CA (produit net bancaire) en progression de 11,5 % à 11,33 milliards d’euros. Il ne faut pas oublier que l’activité banque de financement et d’investissement (BFI), fut plombée à la fin de l’année 2018 par une chute assez importante des marchés. Du coup, le rebond ne fait que ramener l’activité à peu près au niveau du dernier trimestre de 2017. Dans l’activité banque de détail, celle qui concerne les entreprises et les particuliers, la progression n’est que de 0,3 % sur l’ensemble de l’exercice 2019. Même si les effectifs ont tendance à reculer de façon régulière, d’année en année, il ne faut pas oublier que les frais fixes ne baissent que lorsqu’il y a fermeture d’agences, ce qui n’est pas toujours évident à effectuer. Quand on a des objectifs modestes, c’est facile de les atteindre.
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