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Une très agréable trêve des confiseurs
ANALYSE GRAPHIQUE
✍️ Par Mustapha GHAILANE
Les marchés boursiers explosent tous les compteurs en cette fin d’année 2019. Exit les inquiétudes géopolitiques, exit le stress des négociations commerciales hautement conflictuelles, exit les menaces de récession mondiale et enfin exit … le « Brexit »! Les politiques monétaires des grandes banques centrales ont triomphé de tout. Le grand virage de ces dix dernières années n’est pas seulement numérique ou digital, il est aussi et surtout monétaire. Après la méga crise des « subprimes » de 2008, les gouvernements des grands États développés ont définitivement passé la main aux banques centrales pour éviter l’effondrement de tout un système. Pour les politiques, c’est une façon habile de reprendre la main sur ces institutions dont l’indépendance du pouvoir central avait permis le grand essor économique des États-Unis et de l’Allemagne. Globalement, de 2008 à aujourd’hui, la taille globale du bilan des principales banques centrales est passé de 4.000 milliards de dollars à plus de 16.000 milliards de dollars ! Pour en arriver là, les États se sont mouillés jusqu’au cou car c’est de l’argent qu’ils ont dû emprunter in-fine sur les marchés pour le mettre à leurs dispositions.
En retour, celles-ci rachètent de la dette publique sur les marchés pour en faire baisser les taux et faciliter ainsi le refinancement public. Seulement, cette pompe gigantesque aspire tout sur son passage et provoque indirectement le sur-gonflement des prix des actifs qui ont fini par être contaminés par la bulle obligataire. Pour mémoire, les cours des obligations à taux fixe sur les marchés montent lorsque les taux baissent et vice-versa. Ainsi la valeur globale des actifs obligataires en circulation a atteint des niveaux stratosphériques jamais observés par le passé. Avec des taux souvent négatifs, chaque fois que les marchés actions ont été touchés par le doute en baissant un tant soit peu, il y a toujours eu jusqu’à présent beaucoup d’argent en stock sur les obligations qui ne se fait pas prier longtemps pour migrer sur les actions. Avec le temps, celui-ci diminue et la réserve de migration potentielle fond lentement.
Aujourd’hui, la crainte majeure des marchés sur le long terme est concentrée sur le moment où les États ou les banques centrales voudront entrer dans un cycle de dégonflement de leurs bilans respectifs. Pour le moment rien ne semble les y obliger, alors ils s’accommodent du status-quo. C’est justement ce status-quo là qui fait monter invariablement les indices boursiers car l’inflation obligataire continue de s’y diffuser perfidement. Mais à un moment ou à un autre, cette hyper inflation de la sphère financière finirait par pénétrer la sphère réelle et se diffuser sur les actifs tangibles comme l’immobilier et les biens de consommation courante. Elle est là la raison majeure qui pourrait forcer les banques centrales à réduire leurs bilans. Par ailleurs, une prochaine flambée des matières premières comme on en avait eu un aperçu avec les émeutes de 2012.
Il ne s’agit pas, cher lecteur de vous inciter à rester à l’écart du festin, mais c’est juste une piqûre de rappel qu’il s’agit d’une situation extraordinaire et surtout pas éternelle. Alors, tout simplement ne vous endormez pas sur vos lauriers. Pour le moment, les marchés boursiers restent fortement haussiers et il faut bien en profiter. Si vous avez toujours suivi scrupuleusement les recommandations de votre magazine préféré, vous êtes aujourd’hui un grand gagnant en Bourse. De grâce, ne rendez pas vos gains trop facilement. En attendant, joyeux noël et bonnes fêtes de fin d’année !
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