Une maison posée sur un plan

Cafpi dresse le bilan de l’année 2019.

IMMOBILIER

✍️ Par Nicolas MIGUET

2019 est une nouvelle fois exceptionnelle pour le marché immobilier. « Le nombre de transactions dans l’ancien s’installe au-delà du seuil du million de ventes. En revanche, le marché de l’immobilier neuf est à la peine et ne risque pas d’aller mieux, au vu du manque de soutien du gouvernement pour relancer la construction », indique Philippe Taboret, directeur général adjoint de Cafpi. Malgré une hausse incessante des prix de l’immobilier, des taux exceptionnels de cette année et plus particulièrement du 3e trimestre 2019, auront rendu l’accession à la propriété plus facile, et ce, même pour les profils les plus fragiles. « Les trois baisses en 2019 par la FED de ses taux directeurs ainsi que la réactivation par la BCE de son programme de rachats de dettes nous laissent penser que les taux de crédits immobiliers en France resteront très bas, au moins jusqu’à la fin du 1er semestre 2020 » explique Philippe Taboret. La dynamique est louable, car l’accession à la propriété est une belle opportunité pour se constituer un patrimoine et les banques n’ont rien à craindre lorsqu’elles prêtent, la France présentant l’un des taux de défaut les plus faibles d’Europe. Autant d’éléments de nature à rassurer les particuliers et les professionnels. D’après l’Observatoire des crédits de Cafpi, au 3e trimestre, l’âge moyen de l’emprunteur primo-accédant est de 35 ans, contre 41 ans pour le secundo-accédant et 42 ans pour l’investisseur locatif : le pourcentage de cadres est beaucoup plus important chez les investisseurs (45%) que chez les primo (25%) et secundo accédants (35%). En revanche la part de CDI est plus importante pour les primo-accédants (78%) que pour les investisseurs (71%). On observe une hausse du nombre de dossiers avec un taux d’apport inférieur à 10%. Alors qu’en 2014, 24% des primo-accédants empruntaient avec des apports inférieurs à 10%, ils étaient 43% en 2019 (49% des investisseurs locatifs étaient dans le même cas en 2014, contre 69% en 2019.

Chez les secundo accédants, la proportion est passée de 19% en 2014 à 36% en 2019). « Attention, la baisse du taux d’apport n’est pas un signe d’appauvrissement des emprunteurs français, mais plutôt un signe de bonne gestion de la part de ces épargnants. Les taux étant particulièrement bas, il est plus intéressant d’emprunter tout en conservant son épargne financière, plutôt que fournir un gros apport » explique Philippe Taboret. Par ailleurs, depuis 2014, on observe une hausse de 16% des dossiers en surfinancement chez les primo-accédants, passant de 36% en 2014 à 52% en 2019. « Ce phénomène de multiplication des dossiers en surfinancement est également une solution trouvée par les acheteurs et non un signal d’alarme sur l’endettement des ménages français. En effet, les prix de l’immobilier ont fortement augmenté ces dernières années et les taux records, associés à la politique des banques ont permis aux acquéreurs d’emprunter plus que la valeur initiale du bien, afin de réaliser des travaux ou de payer les frais de notaire par exemple et avec pour objectif final de ne pas perdre en pouvoir d’achat » ajoute Philippe Taboret.

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