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Vers un grand cru boursier 2019
ANALYSE GRAPHIQUE
✍️ Par Mustapha GHAILANE
L’exercice boursier 2019 est sur le point de s’achever sur une année faste, qui n’avait pourtant pas commencé sous les meilleures hospices. Le 27 décembre 2018, la Bourse de Paris touchait un point bas à 4.555,99 points sous le poids de négociations commerciales sino-américaines mal engagées, d’un Brexit loin d’être ficelé et de prévisions économiques annonçant l’arrivée d’une récession à grande vitesse pour fin 2019 – début 2020 ! Quels changements à peine un an après ! Les marchés financiers ont d’abords connu une très forte reprise entre janvier et avril puis une consolidation marquée et très nerveuse jusqu’à la mi-août. Le papier a beaucoup tourné entre temps et l’eurodollar n’a cessé de baisser d’avril jusqu’à aujourd’hui.
En cette fin d’année, les gains importants en portefeuilles sont tels que la confiance des investisseurs touche un haut niveau rarement atteint par le passé. Les détenteurs d’actions, que ce soit outre-Atlantique, outre-Rhin, en France ou en Navarre, voient leurs appétits augmenter de jour en jour avec la poursuite régulière de la hausse. Pour d’autres, jusque-là restés à l’écart par crainte ou par manque d’ambition, l’appétit a fini par venir en mangeant.
Aujourd’hui, ils sont tous venus, ils sont tous là et ils ne veulent surtout rien lâcher. Le papier offert sur les marchés se raréfie et les vendeurs à découvert, décidément bien mal inspirés, doivent aussi racheter du papier qu’ils n’ont pas pour les prochaines livraisons. Car, par définition, quand on vend à découvert, c’est qu’on n’a pas (encore) les titres. Ces opérations spéculatives à la baisse sont rendus possibles par des mécanismes de prêts de titres mis à disposition par les intermédiaires qui en ont la garde. C’est un peu comme si le garde-meuble (bankster) louait à des antiquaires (spéculateurs vadeurs) les armoires ou les bibelots qu’ils devront lui rendre lorsque leurs légitimes propriétaires (les actionnaires) voudront soit les récupérer soit s’en séparer au prix du marché.
Mais si ces derniers se mettaient tous à vouloir acheter encore des meubles et des bibelots pour les stocker, nos amis antiquaires auront de plus en plus de mal à trouver de la marchandise qui sera forcément beaucoup plus chère. C’est un peu ce qui se passe en ce moment : les investisseurs qui envisageaient de vendre massivement il y a quelques mois font exactement le contraire aujourd’hui ! C’est le fameux effet de « rétention ». Avec la forte valorisation des actifs cotés, les fabricants de nouveaux produits entrent dans la danse avec de nouvelles introductions et l’émissions de nouveaux produits dérivés.
Pour le moment, la dynamique générale reste franchement haussière et on n’en est pas encore au stade de la redistribution de nouveau papier et encore moins du retour des stocks. Sur le plan technique, l’indice Cac 40 a touché les 6.000 points en début de semaine et devrait tenter prochainement un débordement de la ligne de résistance du grand canal majeur passant actuellement autour de 6.030 points. A la baisse, la ligne de support du canal fortement haussier à moyen terme passe désormais vers 5.780 points. C’est seulement en cas de cassure de ce niveau qu’un éventuel signal d’alarme serait déclenché. Pour le moment, on est bien loin d’un tel scénario.
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