Le maire d’une ville moyenne à l’origine d’un « appel solennel » à Emmanuel Macron.

LA VIE DES COMMUNES ET COLLECTIVITÉS LOCALES

✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Thierry Falconnet, maire PS de Chenôve : « La tranquillité, la sécurité, c’est la première des libertés. »

Thierry Falconnet, maire PS de Chenôve, est l’homme qui a créé l’événement lors du dernier Congrès des maires, en fédérant plusieurs dizaines d’élus de toutes tendances autour d’un appel solennel qu’il a lancé au président de la République « contre la dégradation rapide du vivre ensemble ». Chenôve est une ville de 14 000 habitants, située près de Dijon, qui dispose de tous les atouts pour être une ville agréable. Il est indiqué sur Wikipédia : « À l’ouest de Chenôve, au-dessus du vieux bourg, on trouve le plateau de Chenôve qui culmine à 387 m d’altitude.

Il offre un point de vue magnifique sur la ville, ses alentours, et au loin la plaine de la Saône, le massif du Jura. Par beau temps il nous permet d’apercevoir les contours du mont-Blanc. » Toutefois, la réalité est certes moins attractive, puisque Chenôve a subi des épisodes de graves exactions et Thierry Falconnet a déclaré sur la chaîne Public Sénat : « Je sors d’une période de 6 mois de violence urbaine et j’ai eu le droit à mon lot d’intimidations, de menaces sur moi, sur ma famille ». Thierry Falconnet a porté plainte, mais le prévenu a été relaxé par la justice. Thierry Falconnet a accepté d’évoquer son rôle de maire d’une ville moyenne, où il connaît les mêmes soucis que beaucoup de maires de petites villes.


L’Hebdo-Bourseplus : Vous êtes à l’origine de l’appel des maires des villes et des villages qui se sentent isolés. Avez-vous le sentiment d’un abandon de l’État à l’égard de toutes les communes qui ne figurent pas dans le classement des dix ou vingt plus grandes villes de France ?

Thierry Falconnet : Je n’ai pas ce sentiment, mais on a senti que la situation se dégradait progressivement, notamment sur cette question de la tranquillité et de la sécurité publique. Je suis élu d’une ville dite de banlieue, une ville périurbaine, qui a connu une urbanisation rapide dans les années 60, comme bon nombre de communes de ce type, et qui est passée de 3000 habitants à la fin de la guerre, à près de 23 000 habitants dans les années 70. Aujourd’hui, nous avons 14 500 habitants. C’est une problématique que connaissent bon nombre de communes comme les nôtres, c’est-à-dire une concentration de difficultés sociales, de difficultés urbaines, avec un urbanisme de concentration qui amplifie les phénomènes de dysfonctionnement urbain. Dire qu’il y a Paris et le désert français, cela a été écrit, mais ce n’est pas une césure entre les grandes métropoles et les territoires périphériques, c’est plutôt une dégradation lente de la situation.


Comme c’est un phénomène lent, personne n’est directement responsable, mais en fait tout le monde l’est...

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