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Brexit, Trump... les enjeux de 2020.
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
✍️ Par Nicolas MIGUET
Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 13 décembre 2019 (numéro 1.018) : “Derichebourg, Recylex : les recycleurs mal aimés de la Bourse. ”. Bonne lecture !!!
Aucune décision, aucun message sur Twitter de Donald Trump ne doit être regardé ou compris qu’à l’aune de l’élection de novembre 2020. Si Donald Trump, très récemment, a décidé d’annoncer une surtaxation de l’acier et de l’aluminium en provenance du Brésil et de l’Argentine, c’est pour démontrer qu’il n’a pas de tabous, et qu’il est capable de frapper les concurrents des ouvriers américains, même si les importations viennent de pays qui se présentent comme idéologiquement proches de Donald Trump.
En Amérique du Nord, le dossier du rachat de FCA par PSA ne va pas tarder à arriver sur la table de l’administration américaine, la seule chose qui va compter, c’est la création d’emploi promise par Carlos Tavares, selon les accords entre FCA (Fiat Chrysler Automotive) avec le syndicat UAW. Dans sa besace, je crois savoir que Tavares va apporter la fabrication dans une usine aux USA des nouveaux fourgons qui auront une version pile à combustible. Là où Ford importe de Turquie certains VUL, PSA-FCA jouera la carte “made proudly in America by american workers” (si je traduit, vous allez croire que je suis passé au RN : “fabriqué avec fierté aux USA avec des travailleurs américains”). De la même manière qu’il n’y a pas de soucis liés à l’addition des parts de marché de PSA et de FCA en Amérique du Nord, comme en Amérique du Sud, puisque PSA est très faiblement présent sur l’Amérique du Nord (juste au Mexique et en gestionnaire de flottes sur les Etats-Unis), les décisions se feront selon des enjeux électoraux, industriels, de concentration des achats en direction des aciéristes et des autres fournisseurs nord-américains.
Tendance lourde à la relocalisation.
Alors que le Royaume-Uni est au bord du départ de l’Union européenne, quittant l’une des principales zones mondiales de libre-échange (le marché unique), sur beaucoup d’endroits dans le monde, on a tendance à recentrer les approvisionnements, à acheter local pour fabriquer local. Même si Donald Trump s’affiche comme n’étant pas sensible aux enjeux environnementaux, la fabrication locale participe, ne l’oublions pas, à des économies significatives en termes de frais de logistique, donc de réduction des émissions de CO2. C’est une tendance lourde, qui devrait s’accentuer. Il y a quelques années, sous Sergio Marchionne, le groupe Fiat Chrysler avait décidé de faire fabriquer par le japonais Mazda, sur une base de MX-5, un nouveau cabriolet assez joli d’ailleurs, qui était destiné à être vendu essentiellement sur le marché nord-américain. La 124 Sport Spider de 1966 fut conçue par Pininfarina, sa réinterprétation moderne était plutôt jolie, mais ce n’est plus la mode du moment pour faire voyager sur des dizaines de milliers de kilomètres des moteurs, des pièces détachées, des véhicules construits. Même s’il s’agit parfois de niches, les frais de logistique ne sont plus à négliger désormais, qu’il s’agisse de vendre 12.000 cabriolets par an ou de fabriquer des motoculteurs, des engins de chantier.
Vendredi 13 décembre, on saura si BoJo a gagné son pari.