L’imbroglio technique et financier s’accentue autour du Grand Paris.
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Isabelle Florennes, députée MoDem des Hauts-de-Seine : « Une fois de plus, on constate que la technostructure ne sait pas travailler avec les élus locaux et les députés franciliens. »
Le Grand Paris est un dossier difficile à appréhender et peu de Franciliens savent réellement où nous en sommes. Récemment, les sept départements franciliens et la ville de Paris ont claqué la porte de la Société du Grand Paris (SGP) après le vote par l’Assemblée nationale d’un amendement prévoyant de prélever une fraction de leurs recettes au titre des droits de mutation à titre onéreux (DMTO) afin de financer le Grand Paris. Par ailleurs, le Sénat a voté la suppression d’une surtaxe pour les bureaux situés dans les quartiers d’affaires de Paris et des Hauts-de-Seine, en revenant ainsi sur une disposition litigieuse adoptée par l’Assemblée nationale pour financer la Société du Grand Paris. Enfin, après l’annonce par Emmanuel Macron de l’abandon du méga complexe Europacity, la justice a décidé de suspendre pendant un an les travaux de la ligne 17 du métro Grand Paris Express autour du Triangle de Gonesse (Val-d’Oise) qui devait accueillir le projet. Nous revenons sur ce dossier avec Isabelle Florennes, députée MoDem des Hauts-de-Seine, qui a poussé un coup de gueule à l’Assemblée nationale à ce sujet.
L’Hebdo-Bourseplus : Le dossier de financement du Grand Paris n’avance pas. Or, dans le même temps, une grande majorité de Franciliens ne semblent pas avoir bien compris ce que cela signifie. Qu’en pensez-vous ?
Isabelle Florennes : Il y a la question de la réalisation de cet ouvrage d’ampleur, qui est moyennement visible sur le territoire. Il y a des gares qui sortent de terre, avec des lignes qui ont vu le jour avec un calendrier qui est plutôt clair, mais il reste des incertitudes sur certaines lignes. D’où les interrogations des élus locaux. Sur la 15 Ouest, dans les Hauts-de-Seine, vous avez deux gares qui posent de gros problèmes de réalisation : celle de Rueil et celle de La Défense. On nous parle de 2030, avec des incertitudes. Je ne suis pas une spécialiste, mais avec les retours que j’ai des élus locaux, les informations ne sont pas très encourageantes. Effectivement, le député Gilles Carrez a été missionné pour trouver des compléments suite à la hausse du coût de la réalisation, qui est passé de 24 à 35 milliards. Maintenant, on vient d’établir un vrai budget planifié. Le rapport est très clair, mais les amendements arrivent au compte-gouttes chaque année. En 2019, comme en 2020, les hausses prévues dans certaines villes, avec la taxe sur les bureaux et la reprise des droits de mutation, de l’ordre de 75 millions en 2020 et de 60 millions en 2021, cela fâche les élus ! Sur la forme, ils ont été invités à une réunion la veille pour le lendemain et nous avons été appelés le matin du vote pour entendre dire qu’il y avait un amendement vu avec les départements et qu’il fallait soutenir le gouvernement. La ministre des Transports de l’époque, Élisabeth Borne, est parfaitement au courant du sujet.
Nous l’attendons toujours, c’est pour cette raison que je me suis adressée à elle à l’Assemblée nationale. Mais c’est Jean-Baptiste Djebbari, nouveau ministre des Transports, qui récupère le bébé. Il faudra bien que les uns et les autres assument les décisions prises et je peux vous dire que c’est Élisabeth Borne qui a pris celle concernant les DMTO (droits de mutation à titre onéreux). Jacqueline Gourault, ministre de la Cohésion des territoires, avait alerté sur le fait qu’elle ne sentait pas cette mesure. Cela se passe effectivement mal. Les départements franciliens ont fait un communiqué la semaine dernière et la région est absente de ce dispositif. J’évoque également la question du millefeuille territorial : c’est vrai, personne ne sait qui décide ! On a d’un côté Île-de-France Mobilités, ensuite on demande aux départements de financer des choses dont ils ne sont pas sûrs de voir l’achèvement. Il n’y a aucune certitude sur certaines réalisations et, dans certains endroits, nous n’avons aucune visibilité. Par exemple, je suis députée des Hauts-de-Seine et je n’ai aucune information de la préfecture de région sur les processus d’étude et les difficultés. C’est quand même un ouvrage de grande ampleur ! Il faudrait mettre tous les élus autour d’une table, mais cela n’a jamais été fait. On nous parle de concertation et d’écoute des élus locaux, mais les élus locaux viennent d’annoncer qu’ils ne siégeraient plus à la société du Grand Paris...
Un maire doit quand même réfléchir à des projets de construction de logements ou de commerces dans la perspective de la création de ces futures stations…
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