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Faurecia va devoir apprendre la vie de célibataire
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
✍️ Par Nicolas MIGUET
Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 6 décembre 2019 (numéro 1.017) : “Brexit, Trump... les enjeux de 2020. ”. Bonne lecture !!!
Lors de l’annonce de la distribution, dans le cadre de la fusion entre PSA et FCA des titres Faurecia, l’action Faurecia a fortement baissé, tombant aux alentours de 40 euros, certains « ânes à listes » prétendant que, pour Faurecia, cela augurerait d’une avalanche de titres, les actionnaires de PSA vendant les titres reçus sous forme de distribution exceptionnelle. Ce premier réflexe a largement été dépassé, et la plupart des gens qui réfléchissent se sont aperçus que Faurecia, qui était contrôlée à hauteur de 46,34 % par Peugeot, allait se retrouver rapidement opéable, les actionnaires principaux de Peugeot ayant chacun en cadeau un peu moins de 6 % du capital, il y aura, pour Faurecia, un intérêt tout à fait nouveau, l’entreprise pouvant convoler, ès qualités de célibataire, en justes noces avec un autre groupe, de manière amicale ou hostile.
Faurecia a réalisé une bonne année 2019, malgré les vents adverses.
On n’attendra pas le 17 février 2020 au matin pour s’apercevoir que Faurecia aura réalisé, dans un contexte particulièrement délicat, une très bonne année 2019. Les chiffres du troisième trimestre ont confirmé que l’activité progressait, à taux de change constants et hors Clarion, le recul est très inférieur au recul général du marché. Avec la consolidation de Clarion, il y a un effet périmètre positif de 256 millions d’euros, ce qui fait que le chiffre d’affaires publié a grimpé de 4,3 %. Qu’il s’agisse de l’intérieur des véhicules ou du traitement des émissions, l’activité a surperformé la production automobile mondiale, et cela ne représentait pas l’épaisseur d’un trait. Sur les neuf premiers mois de l’année, l’activité sièges automobiles (grosso modo 40 % des ventes du groupe) a été surtout impactée par l’effet négatif dû à la grève des usines General Motors aux Etats-Unis, et à la baisse de la production automobile, sans oublier des fins de contrats.
Sur neuf mois, très logiquement, l’activité recule au rythme de la production automobile mondiale, mais les contrats qui ont été signés permettent d’espérer que, dans les années à venir, même à production automobile mondiale stable, il y aura de nouveau une croissance. Le groupe a récupéré des commandes particulièrement intéressantes, dont deux programmes majeurs de structures de sièges. Cette activité sièges automobiles (seating) pourra renouer avec la croissance au deuxième semestre de 2020, avec une accélération significative en 2021. L’activité « intérieur des véhicules » représente environ 30 % des ventes du groupe. Là encore, il y a eu un impact négatif de la baisse de la production automobile mondiale de 6 % sur les neuf premiers mois de l’année 2019, par rapport aux neuf premiers mois de 2018. Ceci étant dit, les gains de contrats sur plusieurs modèles ou plusieurs plates-formes permettent de limiter la baisse à 2,2 % à taux de change constant.
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