⟵ Retour
Des parlementaires s’interrogent sur les atteintes croissantes à la liberté d’expression en France
EN DIRECT AVEC...
✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Charles de la Verpillière, député LR de l’Ain : « On voit bien maintenant que dès que quelqu’un émet une idée qui diverge du politiquement correct, c’est une levée de boucliers. »
C’est un sujet important, mais trop peu évoqué par nos dirigeants politiques : celui de la liberté d’expression. Depuis quelques années, on entend souvent les gens se plaindre d’une restriction de la liberté d’opinion en France, avec ce constat récurrent : « On ne peut même plus dire ce que l’on disait librement avant… » Ainsi, la philosophe Sylviane Agacinski a été interdite de parole dans un débat universitaire en raison de son opposition à la GPA (Gestation pour autrui). Pour le député Charles de la Verpillière, c’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase…
L’Hebdo-Bourseplus : Beaucoup de gens déplorent une restriction de la liberté d’expression en France. Pensez-vous qu’une émission de débats, comme celle de Michel Polac dans les années 80 sur TF1, pourrait exister aujourd’hui ?
Charles de la Verpillière : Je ne sais pas si cela pourrait exister, mais mon souhait c’est qu’il n’y ait pas de censure. Il y a des lois qui interdisent tels ou tels propos, comme les propos antisémites, toutes les incitations à la haine et au racisme, et c’est la justice qui sanctionne s’il y a eu, ou non, violation d’une loi. En France, la liberté d’expression est totale, sauf dans quelques domaines très précis, prévus explicitement par la loi, et qui ne peuvent être sanctionnés que par la justice. Je me place dans ce cadre. La liberté d’opinion et d’expression est totale, sauf dans certains cas prévus par la loi, mais alors c’est la justice qui sanctionne et qui apprécie ou pas l’atteinte à la loi. Dans ce cadre, il ne peut y avoir aucune restriction venant de qui que ce soit, évidemment pas des individus ou des associations, et même pas du gouvernement. Le gouvernement, via l’administration ou les préfets, peut interdire une manifestation lorsqu’il y a une menace de troubles à l’ordre public, mais il ne peut pas interdire l’expression d’une opinion. La seule chose qu’il peut faire, c’est saisir la justice pour voir si nous nous trouvons dans l’un des cas que je vous ai indiqués.
Vous êtes intervenu à l’Assemblée nationale sur l’affaire Sylviane Agacinski, la philosophe qui a été interdite d’expression dans une université…
Ce cas n’est pas isolé et le fait que je sois d’accord ou non avec Madame Agacinski n’entre pas en ligne de compte. On peut imaginer qu’un philosophe ou une personnalité qui aurait une opinion contraire à celle de Madame Agacinski aurait été empêché de s’exprimer et ma réaction serait la même. Elle n’est pas fonction de l’opinion de la personne qui a été empêchée de s’exprimer. Je vous rappelle cette phrase que l’on attribue, probablement à tort, à Voltaire, mais qui est trop belle : « Je ne suis pas d’accord avec vous, mais je me battrai pour que vous puissiez le dire ». Cela résume très bien mon opinion.
Pour lire ce numéro (Accès numérique)
Validez le formulaire ci-dessous
Tarif valable jusqu'au 28/02/2027 sous réserve de variation du taux de TVA.
L'Hebdo Bourse Plus sort un numéro double fin juillet et ne paraît pas en août.
Les paiements sur notre site sont sécurisés et traités par Stripe, un prestataire de paiement en ligne de confiance. Vos informations de paiement sont protégées par des protocoles de sécurité de pointe, garantissant une expérience d'achat sûre et sécurisée. Vos données sont protégées par le chiffrement TLS et la tokenisation. Stripe est certifié conforme aux normes de sécurité PCI DSS.