⟵ Retour
Un maire interdit l’interdiction des pesticides dans sa commune !
LA VIE DES COMMUNES ET COLLECTIVITÉS LOCALES
✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Michel Cornet, maire de Viviers-sur-Artaut (Aube) : « Je suis une sorte de lanceur d’alerte à l’envers. »
C’est une démarche unique en France, à contre-courant du politiquement correct : le maire de Viviers-sur-Artaut, une commune de 120 habitants située dans le département de l’Aube, a pris un arrêté qui vise à empêcher l’instauration de zones tampons bannissant l’usage de produits phytosanitaires entre les cultures et les habitations. Ainsi, stipule le texte, « aucune zone de non-traitement ne sera créée sur le territoire de Viviers-sur-Artaut ». Cet ancien exploitant agricole et viticole à la retraite aborde cette question sous l’angle économique, car le champagne constitue un facteur de revenus essentiel pour une partie importante de la population. Soutenu par la majorité de ses concitoyens, félicité par d’autres maires du département pour son initiative, encouragé publiquement par la FDSEA et la Chambre d’agriculture de l’Aube, l’élu attend maintenant le retour de la préfecture, sans trop avoir d’illusions sur ce qu’il adviendra de son arrêté à l’issue du contrôle de légalité.
L’Hebdo-Bourseplus : Quelles raisons vous ont conduit à prendre cet arrêté contre la création de zones tampons bannissant les produits phytosanitaires entre les cultures et les habitations, alors que tout le monde fait la guerre aux pesticides ?
Michel Cornet : Si tout le monde veut être élu, il faut être bien vu des Verts ! Nous, ce qui compte, c’est les verres... Donc, on doit y mettre du liquide. Et si l’on n’a pas de liquide à mettre, on ne peut plus rien faire. En effet, nous faisons du champagne à Viviers-sur-Artaut et, si l’on arrive à faire du champagne, c’est en utilisant des pesticides. Notre problème, c’est le mildiou : si l’on n’arrive pas à contrôler le mildiou, on ne récolte rien du tout. Le mildiou est un champignon et, lorsqu’il se développe sur les jeunes raisins, on ne récolte plus rien. Donc, on doit utiliser des produits phytosanitaires. Sinon, tout risque de tomber en friche.
Pourtant, on faisait bien du champagne avant que les pesticides n’existent ?
Les gens faisaient du champagne, mais en appliquant du cuivre et des produits très toxiques. Maintenant, on a du matériel hyper sophistiqué qui dirige le produit uniquement sur les feuilles, alors qu’auparavant on envoyait un nuage vers l’horizon. Mais maintenant tout est positionné sur place. Le produit ne va que sur la vigne et pas ailleurs. On a un puits pour le captage d’eau qui se trouve dans le bas du village et l’on trouve des résidus qui sont interdits depuis des années, parce que cela met beaucoup de temps à disparaître. Avant, tout le monde utilisait des désherbants qui étaient très toxiques et on les retrouve aujourd’hui dans les terres. Mais cette pollution ne date pas d’aujourd’hui, il faut beaucoup de temps pour traverser les nappes phréatiques, alors que maintenant tout le monde fait attention. Si c’était vraiment toxique, il n’y aurait plus d’habitants et il n’y aurait plus d’agriculteurs et de viticulteurs.
Pour lire ce numéro (Accès numérique)
Validez le formulaire ci-dessous
Tarif valable jusqu'au 28/02/2027 sous réserve de variation du taux de TVA.
L'Hebdo Bourse Plus sort un numéro double fin juillet et ne paraît pas en août.
Les paiements sur notre site sont sécurisés et traités par Stripe, un prestataire de paiement en ligne de confiance. Vos informations de paiement sont protégées par des protocoles de sécurité de pointe, garantissant une expérience d'achat sûre et sécurisée. Vos données sont protégées par le chiffrement TLS et la tokenisation. Stripe est certifié conforme aux normes de sécurité PCI DSS.