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Le coup de gueule d’un parlementaire qui s’insurge contre l’abandon des territoires.
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✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Jérôme Nury, député LR de l’Orne : « Tout est fait pour amplifier ce sentiment d’abandon de la part des habitants. »
Le député de la 3e circonscription de l’Orne, Jérôme Nury (Les Républicains) a interpellé le gouvernement sur l’abandon des territoires, en prenant l’exemple des papiers d’identité : en effet, « dans l’Orne et, comme dans de nombreux départements, il faut parfois plusieurs mois pour obtenir une carte d’identité ou un passeport ». Selon le parlementaire, « même en faisant preuve de prudence et en s’adressant aux mairies pourvues de l’outil numérique adéquat, plusieurs semaines à l’avance, nombre de concitoyens n’obtiennent pas dans des délais acceptables ces documents indispensables pour un voyage, pour un déplacement ou pour un justificatif d’identité. » C’est l’opportunité d’évoquer avec Jérôme Nury la situation de nos territoires ruraux et les raisons de cet abandon.
L’Hebdo-Bourseplus : On nous parle de l’abandon des services publics en milieu rural depuis des décennies, toutefois on a le sentiment que rien ne change…
Jérôme Nury : Ce n’est pas que rien ne change, c’est pire ! On amplifie le sentiment d’abandon des territoires ruraux et des populations. Il y a différentes lois adoptées sous le quinquennat précédent qui n’ont fait qu’amplifier tout cela, à commencer par la loi NOTRe ou la loi ALUR… Toutes ces lois n’ont visé qu’à réduire les possibilités d’avoir des parcelles à bâtir dans nos territoires ruraux ou dans nos communes et à nous empêcher d’avoir des zones économiques ou des zones artisanales sur nos communes rurales... En plus, on a obligé les territoires à se regrouper sur des intercommunalités XXL qui font que les territoires ruraux sont absorbés et dirigés par les territoires urbains. Donc, tout est fait pour amplifier ce sentiment d’abandon de la part des habitants.
Qui a intérêt à abattre cette France rurale ?
Ce n’est pas un hasard. C’est un dogme qui date d’une trentaine d’années et qui vient de la bien-pensance parisienne, décliné à la Direction générale des collectivités locales, décliné à la DATAR, aujourd’hui le CGET (Commissariat général à l’égalité des territoires. Ils estiment que la France a un émiettement trop important de son habitat et de sa population, qu’il y a un coût écologique, qu’il y a un coût financier et qu’il serait beaucoup plus simple que les gens soient regroupés dans des ensembles plus organisés. C’est un dogme. En plus, les financiers sont rejoints aujourd’hui par tous les lobbys environnementaux qui pensent que l’habitat dispersé nuit à l’écologie, ce qui est entièrement faux...
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