Un député monte au créneau contre l’agribashing.

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✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Pierre Venteau, député LREM de la Haute-Vienne : « Nous sommes sur des territoires où l’élevage représente l’unique ciment écologique et économique. »

Depuis quelques mois, on voit se développer ce que l’on appelle l’agribashing, c’est-à-dire les critiques violentes et récurrentes à l’encontre des agriculteurs et des éleveurs, accusés de polluer la planète. Les attaques contre les boucheries s’y ajoutent et les députés constatent avec consternation que c’est toute cette France profonde qui souffre. Aujourd’hui, un parlementaire, Pierre Venteau, député LREM de la Haute-Vienne, monte au créneau et préconise que le gouvernement encourage une campagne pédagogique pour redorer le blason de cette profession.


L’Hebdo-Bourseplus : Vous dénoncez l’agressivité dont sont victimes les agriculteurs, notamment les éleveurs bovins, avec ce que l’on appelle l’agribashing. Comment analysez-vous ce phénomène ?

Pierre Venteau : Il y a beaucoup d’amalgames et les agriculteurs se retrouvent porteurs de tous les maux, en tous cas générateurs de tous les maux : évidemment, le ruminant rumine et émet des gaz à effet de serre ! Dans un territoire comme celui de la Haute-Vienne, l’élevage est l’activité économique dominante et, forcément, quand vous regardez ce que représente la part d’émissions de gaz à effet de serre, par rapport au global des émissions, certes l’élevage pèse. Mais quand on observe cela à la lumière de ce qui se passe en Amérique du Sud, avec une complète déforestation, une culture intensive et un élevage intensif, on n’est pas du tout sur la même chose. Le grand public est sensibilisé sur tout ce qui concerne le changement climatique, le dérèglement climatique et les gaz à effet de serre. Un éleveur digne de ce nom cultive forcément un peu pour nourrir ses animaux, par exemple pour être autonome en protéines ou en céréales et, comme il cultive un peu, il utilise forcément un peu de produits phytosanitaires et il fait l’objet de nouvelles critiques.

Ensuite, il y a toute la question de la viande, avec la dimension santé du produit carné. Tout le monde vous dira aujourd’hui que la viande bovine est une protéine de très bonne qualité : évidemment, il peut y avoir des conséquences sanitaires pour les personnes qui font des excès, comme tous les excès d’ailleurs, mais en réalité nous sommes sur des territoires où l’élevage représente l’unique ciment écologique et économique. Sur la question de la culture, on est déjà très autonome, on utilise très peu de produits phytosanitaires et, si l’on consomme de façon raisonnable une viande de qualité, cela ne pose pas de problèmes. Or, au lieu de sortir avec ces éléments positifs, on ne garde que le négatif et on tape systématiquement sur les agriculteurs. Franchement, c’est quelque chose qu’ils ne supportent plus et ce n’est pas une histoire d’opposition des systèmes de production entre les grosses et les petites fermes, c’est un sentiment très partagé.


L’agriculture et l’élevage bovin se perpétuent depuis presque la nuit des temps. Ne sommes-nous pas dans une époque paradoxale où l’on ne veut plus voir ce qui a pourtant toujours existé ?

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