⟵ Retour
Valeo : cela roulera mieux demain !
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
✍️ Par Nicolas MIGUET
Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 8 novembre 2019 (numéro 1.013) : “Des foncières à risques variables. ”. Bonne lecture !!!
Valeo : est-ce l’année de la rédemption ? Après une année horrible en 2018, le titre, au sommet à plus de 65 euros (record de 67,80) au premier trimestre, s’était effondré, perdant presque les deux tiers de sa valeur, pour constater un plus bas de 22,69 euros, on y était presque encore à la toute fin de l’année 2018 ou au début de l’année 2019. Depuis, l’action Valeo a repris des couleurs, elle a regagné grosso modo un tiers depuis le début de l’année, et le marché commence à regarder le dossier de façon un peu plus objective, étant moins pollué par les ventes à découvert, l’action prédatrice des fonds vadeurs ayant été indiscutable, sur ce dossier comme sur tant d’autres.
Impact significatif de la grève chez GM.
Lors de la publication des chiffres du troisième trimestre (progression de 8 % de l’activité par rapport au troisième trimestre de l’an dernier), Valeo a précisé l’impact, substantiel, que la grève de 40 jours chez General Motors (GM) allait avoir sur son chiffre d’affaires comme sur sa marge opérationnelle. Les équipementiers de l’industrie automobile travaillent en continu, ils fabriquent au fur et à mesure des besoins de la chaîne de montage, au plus près de la chaîne de montage pour générer des coûts logistiques moindres, et lorsque l’usine de montage est en grève, l’usine de l’équipementier se retrouve avec une activité très réduite, puisque, par définition, le plus souvent, une usine proche d’une usine de montage d’un constructeur ne fournit que modestement d’autres constructeurs, qui ne sont pas en grève. Du coup, cela explique qu’une baisse de seulement 160 millions d’euros de chiffre d’affaires puisse entraîner un recul de 50 millions d’euros de la marge opérationnelle. Valeo a vraisemblablement utilisé des formules de congés ou de chômage technique pour un certain nombre de ses employés, et rattrapera les journées perdues, avec le redémarrage de la chaîne de fabrication, en essayant de faire travailler avec des heures supplémentaires, la marge ne sera pas regagnée à 100 %, mais on peut estimer que la perte sera néanmoins réduite, un peu à la fin de l’année 2019, beaucoup plus sur le premier semestre de 2020, lorsque General Motors aura reconstitué des stocks commerciaux ordinaires. Même si ce n’est pas certain, il est possible que les chaînes de montage aux Etats-Unis puissent tourner à Thanksgiving et à Noël, histoire de rattraper le retard accumulé.
Un marché en récession.
Même si le marché automobile mondial aura une production qui, selon Valeo, reculera de 6 % en 2019 alors que le groupe ne s’attendait qu’à une baisse de 4 %, précédemment, l’équipementier a réitéré ses objectifs de 2019, mais en excluant l’impact de la grève. On avait connu une année horrible en 2018, ceci dit, la marge opérationnelle de Valeo était restée quand même très positive, à 5,7 % du chiffre d’affaires. Pour 2019, j’estime que la marge opérationnelle sera comprise entre 5,5 et 6,2 % du chiffre d’affaires, plus proche de 6 que de 5,5, mais il est trop tôt pour connaître le taux de production des usines sur le dernier trimestre, pour lequel il reste encore deux mois de travail. Ce qui est impressionnant, dans les chiffres des neuf premiers mois de l’année 2019, c’est que Valeo gagne visiblement beaucoup de parts de marché par rapport à la concurrence. Les chiffres de Valeo permettent de constater une surperformance de huit points pour ce qui concerne le chiffre d’affaires « première monte » (vente aux constructeurs), par rapport au chiffre constaté pour la production automobile mondiale. Le 10 décembre prochain, le géant de l’équipement automobile va publier de nouveaux objectifs à moyen terme.