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Un village a été contraint d’instaurer un couvre-feu cet été.
LA VIE DES COMMUNES ET COLLECTIVITÉS LOCALES
✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Robert Velay, maire de Puget-Théniers (Alpes-Maritimes) : « J’ai été soutenu par la quasi-totalité de la population du village. »
Le maire de Puget-Théniers, une commune des Alpes-Maritimes, a pris l’été dernier l’initiative de décréter un couvre-feu pour les mineurs non accompagnés, entre 22 heures et 6 heures du matin, dans certaines rues et certaines places du village, afin de lutter contre la délinquance croissante. L’arrêté municipal, qui était valable jusqu’à la fin du mois de septembre, s’est révélé efficace puisque la situation s’est calmée.
L’Hebdo-Bourseplus : Toute la France semble être touchée par la multiplication des incivilités, et de la délinquance en général, y compris dans les zones rurales. S’agit-il d’un phénomène nouveau pour vous ?
Robert Velay : Vous avez raison. Nous sommes un village de moins de 2000 habitants et nous avons de plus en plus de gens qui viennent de la côte pour vivre chez nous en s’imaginant que la vie est plus simple parce que les loyers sont moins chers... Ces gens bénéficient des aides au logement, donc ils ne paient pas trop de loyer et, en plus, ils créent des problèmes. J’ai pu constater que la gendarmerie croulait sous les plaintes : à 1 heure ou à 2 heures du matin, la radio était à fond et les jeunes criaient dans les rues. J’estime qu’il faut avoir un peu de respect pour autrui, cela fait partie des devoirs de chacun. Face à cela, j’ai tout essayé. J’ai convoqué les familles, mais je n’ai rien pu faire. Ce sont des jeunes de 13 ans à peine qui créent la délinquance ! Nous avons été vandalisés à la piscine. Une nuit, je suis allé monter la garde avec deux conseillers et nous avons attrapé deux jeunes de 13 ans qui fracturaient la caisse de la piscine. Il était 23 heures 30, j’ai téléphoné à la gendarmerie et on m’a recommandé de rappeler le lendemain. Lorsque j’ai dit que j’étais le maire de la commune, ils m’ont envoyé des gendarmes, qui m’ont expliqué qu’ils ne pouvaient rien faire d’autre que de les ramener chez leurs mères... Ce sont des jeunes de 13 ans qui sont déscolarisés. Le juge pour enfants est au courant de ces dossiers, mais rien ne se passe. Alors, j’ai dû trouver autre chose en décrétant un couvre-feu qui permet de donner davantage de moyens à la gendarmerie.
Finalement, ce sont quelques jeunes qui pourrissent la vie d’un village de 2000 habitants !
Oui, c’est une minorité. J’ai fait une piscine, j’ai fait un centre sportif, j’ai fait un terrain de football en gazon synthétique… J’ai tout fait pour aider les jeunes, mais il y en a toujours quelques-uns qui passent entre les mailles du filet et qui font n’importe quoi. Heureusement, j’ai été soutenu par la quasi-totalité de la population. Certaines familles m’ont demandé que cet arrêté soit pris dans tout le village, mais j’ai dû cibler quelques quartiers puisque la loi m’interdit de prendre tout le village. Je dois laisser des espaces de liberté, alors j’ai ciblé les rues et les places qui posaient problème.
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