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Une entreprise française invente une solution simple contre les troubles du sommeil.
LA NOUVELLE ÉCONOMIE INTERVIEW
✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Thibault Vincent, cofondateur d’Oniris : « Nous sommes les seuls à avoir une gamme d’orthèses, du sur-mesure jusqu’à l’orthèse en vente libre. »
Les troubles du sommeil, comme le ronflement ou l’apnée, ont des conséquences graves telles que l’hypertension, le diabète ou le risque d’AVC. Depuis des décennies, les chercheurs préconisent le port d’un masque à pression positive, ce qui est assez contraignant, ou la mise en place d’une orthèse que l’on installe dans sa bouche avant de se coucher, mais celle-ci doit nécessiter plusieurs démarches, comme la prise d’une empreinte chez un dentiste. Une société familiale française, Oniris, est la première dans le monde à avoir inventé un système simple, une sorte de prêt-à-porter de l’orthèse mandibulaire, dont l’efficacité vient d’être reconnue par les autorités de santé et dont le dispositif est maintenant remboursé par la Sécurité sociale. L’orthèse Oniris est un petit appareil – un peu comme un protège-dents de sportifs – qui permet de maintenir doucement la mâchoire inférieure en position avancée pendant le sommeil. Elle libère ainsi le passage de l’air au niveau du pharynx et empêche le phénomène d’obstruction à l’origine du ronflement et de l’apnée du sommeil.
L’Hebdo-Bourseplus : Vous êtes une entreprise familiale et l’une des premières au monde à avoir trouvé un système contre le ronflement et l’apnée du sommeil. C’est un problème qui concerne des millions de personnes, depuis toujours, mais on s’était mis en tête que l’on ne pouvait rien faire… Comment avez-vous commencé ?
Thibault Vincent : C’est un constat que l’on entend souvent et il y a encore tout un travail de sensibilisation à mener. Nous n’avons pas tout inventé, c’est le docteur Pierre Robin qui a découvert qu’en maintenant la mâchoire du bas avancée, on pouvait rétablir une meilleure respiration. C’est un médecin qui traitait des patients qui n’avaient plus de mâchoire inférieure. Après, il s’est passé des décennies pendant lesquelles il ne s’est rien passé du tout.... L’apnée du sommeil était quelque chose de plus ou moins inconnu et c’est dans les années 80 que l’on a vu apparaître la machine de ventilation à travers le masque de pression positive. C’est comme un aspirateur à l’envers et cela s’adresse à une petite partie du spectre. Le concept de l’orthèse pour l’apnée du sommeil est apparu à la fin des années 90 aux États-Unis, avec des résultats qui montraient une certaine efficacité, mais le dispositif n’était pas encore abouti techniquement. À partir de là, mon père, chirurgien-dentiste, travaillait à l’hôpital Saint-Antoine et, avec des confrères ORL et pneumologues, ils ont eu l’idée d’améliorer les systèmes existants pour trouver quelque chose de plus réglable et de plus confortable.
On a pu avoir un dispositif vraiment efficace et confortable, avec de très bons résultats, et il est apparu comme une évidence de créer une société pour favoriser ce dispositif. À l’époque, c’étaient uniquement des dispositifs fabriqués sur mesure. Cela fonctionnait bien, mais cela impliquait un certain nombre de contraintes, comme trouver un chirurgien-dentiste. Déjà, à l’époque, la Sécurité sociale avait reconnu l’efficacité de ce dispositif dans le cadre de l’apnée du sommeil, avec une prise en charge partielle, mais nous avons décidé d’améliorer l’appareil en créant quelque chose de plus simple et de moins coûteux. L’orthèse Oniris est un dispositif réglable, vraiment adapté à la morphologie dentaire du patient, avec un process de fabrication industrielle et, ensuite, l’adaptation se fait directement par le patient. Il a fallu démontrer l’efficacité de notre dispositif et nous avons lancé, avec plusieurs centres hospitaliers en France, une large étude pour comparer les résultats entre le sur-mesure et nos orthèses. C’est sur la base de ces résultats que nous avons obtenu la validation de la Haute autorité de santé et la prise en charge du dispositif par la Sécurité sociale.
L’orthèse anti-ronflement pourra-t-elle remplacer un jour l’appareil à pression positive continue ?