Un graphique boursier mettant en évidence les lignes de tendance, niveaux de support et résistance

Ce cycle de montagnes russes est-il éternel ?

ANALYSE GRAPHIQUE

✍️ Par Mustapha GHAILANE

Depuis le mois de mai de l’année 2017, la Bourse de Paris est restée en réalité quasi stable ou plus exactement, elle ne s’est que très légèrement revalorisée. Pour mémoire, le 8 mai 2017, l’indice Cac 40 était déjà aux alentours de 5.450 points. Cela était également le cas au début du mois actuel, après la récente correction bien entendu. Avec un cours actuel à 5.650 points, le gain du mois ressort momentanément à +3,7 % environ et c’est donc aussi le gain depuis mai 2017, ce qui reste, sommes toutes, fort modeste. En réalité, ce qui a vraiment évolué, c’est la volatilité des cours, c’est-à-dire la formation de montagne russes, par nature très difficiles à prévoir notamment en raison de ce terreau propice aux grandes manipulations monétaires et d’indices boursiers. En effet, au cours de cette période longue de deux ans et demi, l’indice a amplement oscillé entre un plus bas à 5.050 points et un plus haut vers 5.650 points à l’exception notable du « trou » de fin 2018 qui a vu se former un bref creux à 4.550 points. La première question qui vient à l’esprit pour tout investisseur « cyclique » averti est : peut-on voir se reproduire la même chose que l’année dernière ? Une première approche de la réponse se trouve dans une autre question : quelles sont les raisons qui avaient fait baisser si fortement les cours entre octobre et décembre 2018 ? A posteriori, la plupart des analystes avaient mis en avant des facteurs de stress liés à la fois à la guerre commerciale déclenchée par Donald Trump et aux chiffres économiques indiquant la probabilité de l’entrée en récession à l’horizon de fin 2020, ou début 2021.

Une hausse des taux obligataires avait alors précédé la phase baissière des marchés. Aujourd’hui, après un retour des indices sur leurs plus hauts annuels, voire au-delà, ces mêmes facteurs sont toujours présents et les taux recommencent à monter même s’ils restent encore très légèrement négatifs. Les taux montent parce qu’il y a souvent des retraits nets effectués par les retraités des fonds de pension et certains clients à l’approche de la fin de l’année. Pour faire face à la décollette, les gérants et les assureurs-vie doivent vendre un peu mais cela est suffisant pour exercer une forte pression haussière sur les taux en l’absence d’acheteurs nouveaux. Voilà l’une des raisons pour laquelle la Banque Centrale américaine s’est retrouvée dans l’obligation de se remettre d’urgence à racheter des actifs de dette sur les marchés ! En Europe, la BCE n’a jamais cessé de le faire depuis 2008 mais c’est encore une autre histoire. Les premières manipulations des marchés commencent par les banques centrales, et très souvent, après concertation des banksters ! Enfin, la dernière question vient d’elle-même : combien de temps ce cinéma pourrait-il encore durer ? Dans le cas où cela se prolongerait encore, ce cycle boursier horizontal formé de montagnes russes peut-il continuer indéfiniment sans casse irrémédiable ? Sur le plan technique, à court terme, l’indice Cac 40 a encore une fois touché la zone haute de ce canal quasi plat, avant de se replier en direction de sa MM50 passant actuellement autour de 5.600 points.

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