Matières premières : Eramet ou Imerys ? Les deux !
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 1er novembre 2019 (numéro 1.012) : “Valeo, cela roulera mieux demain. ”. Bonne lecture !!!
Imerys et Eramet, deux affaires de matières premières sont sous notre loupe. Qu’il s’agisse d’Imerys ou d’Eramet, on a affaire à des leaders mondiaux dans leur spécialité. Imerys s’est spécialisée dans les spécialités minérales pour l’industrie. Le groupe offre des solutions fonctionnelles à haute valeur ajoutée pour un très grand nombre de secteurs, cela peut toucher les industries de procédés comme les biens de consommation. L’objectif est d’apporter des propriétés essentielles aux produits de ses clients et à leur performance, tels que réfractarité, dureté, conductivité, durabilité, légèreté, pureté, opacité, absorption, hydrophobie… voire même filtration !
Deux pôles principaux pour Imerys.
Imerys a organisé son activité autour de deux pôles principaux : les minéraux de performance, qui servent notamment les industries du plastique de la peinture et du revêtement, des matériaux céramiques, des énergies renouvelables, du papier et du carton. Il y a ensuite les matériaux et solutions de haute température, notamment pour la fabrication de réfractaires, d’abrasifs, de matériaux destinés à la construction, à la fonderie, aux spécialistes des métaux, et aux entreprises de chimie du bâtiment. Imerys est une entreprise mondiale, qui a traditionnellement une rentabilité forte, et qui, à l’occasion de cessions ou de restructurations, peut avoir quelques fois des trous d’air, mais c’est rare. Imerys fait partie du groupe GBL (Groupe Bruxelles Lambert, de feu Albert Frère) qui détient 54 % du capital et se trouve fort satisfait de son investissement. Pendant longtemps, Imerys s’appelait Imetal, et les vieux boursiers s’en souviennent peut-être. La transformation d’Imetal en Imerys est le fruit du travail de Patrick Kron, qui a ensuite fait carrière en tant que PDG d’Alstom, il a été reconnu pour être l’un des acteurs majeurs du redressement du grand groupe qui était alors spécialisé, outre le ferroviaire, dans l’énergie, un secteur qui a été cédé à General Electric. La présidence et la direction générale d’Imerys sont normalement séparées.
Kron récupère 100% des manettes.
Patrick Kron ayant récupéré la présidence, il s’est mis les mains dans le cambouis, et il a décidé, visiblement, de reprendre le taureau par les cornes. Du coup, le directeur général, Conrad Keijzer a été poussé à la démission, sinon, son sort aurait certainement été celui de Thierry Bolloré, révoqué en conseil d’administration. L’annonce ce mardi d’une révision à la baisse des perspectives financières pour 2019 a été suivie par une correction forte sur le marché, avec même un point bas à 32,10 euros ce mercredi matin, à quelques centimes du plus bas des dix dernières années (32,94 euros en clôture). C’est peut-être vraiment exagéré. Il ne faut quand même pas oublier que le groupe de spécialités minérales pour l’industrie est loin d’être dans le chagrin, il ne fera pas pitié. Ses anticipations de résultat courant net sont justes un retrait de 20 % environ par rapport à 2018, dont un bon tiers est imputable à la déconsolidation des filiales de talc nord-américaines et à la fermeture temporaire de l’usine de Willsboro au premier semestre. Comme les conditions de marché se sont plutôt détériorées qu’améliorées au cours du troisième trimestre, notamment dans l’automobile, le papier, les équipements industriels, le fer et l’acier, il y a eu une baisse des volumes de vente un peu plus forte qu’anticipée. L’entreprise compense pour partie cette baisse, par des actions engagées à la fois sur les prix de vente et sur les coûts. On essaie d’augmenter les prix de vente, on essaie de diminuer les coûts, mais il n’y a pas de baguette magique. On ne sait pas pour combien de temps Patrick Kron va rester président et directeur général, mais il connaît l’entreprise par cœur, même du temps où il était chez Alstom, il était resté administrateur de la société, il n’a jamais été trop éloigné, tous les dossiers, il les a en tête.
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