Un maire installe un distributeur de produits frais.

LA VIE DES COMMUNES ET COLLECTIVITÉS LOCALES

✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Daniel Guérin, maire de Parné-sur-Roc (Mayenne) : « Je n’ai pas du tout le blues et les gens doivent faire le nécessaire pour être plus heureux. »

Beaucoup de maires ruraux ignorent encore qu’ils peuvent faire installer un distributeur de produits frais pour dépanner les habitants de leur commune. C’est en passant ses vacances en Vendée que Daniel Guérin, maire de Parné-sur-Roc, un village de 1400 habitants situé dans le département de la Mayenne, a eu l’idée de mettre en place un tel appareil pour remplacer son épicerie qui venait de fermer. Pourtant, ce village est loin d’être un désert. Il est labellisé « Petite cité de caractère » et il a encore quelques commerces, comme un salon de coiffure et un bar-tabac. Toutefois, le chiffre d’affaires de l’épicerie locale n’était pas suffisamment important pour maintenir cette activité, parce que les habitants préfèrent aller à l’hypermarché Leclerc de Laval qui se trouve à moins de dix minutes en voiture. Confronté à la fermeture de son épicerie de proximité, le maire a décidé d’acquérir un distributeur automatique, ce qui a coûté 7300 euros à la commune. Cette machine permet opportunément de dépanner la population, notamment les personnes âgées.


L’Hebdo-Bourseplus : Quelles raisons vous ont conduit à installer un distributeur automatique de produits frais ?

Daniel Guérin : Si j’avais des murs bien placés au centre du bourg, j’aurais évidemment rouvert une épicerie... Simplement, je n’ai pas de murs et les murs ne m’appartiennent pas. Les gens qui tenaient l’épicerie restent dedans pour faire une activité de traiteur, c’est le problème, et j’ai donc dû chercher une solution en urgence. Je ne savais pas que cela existait. C’est en me promenant en Vendée que j’ai vu un distributeur automatique de produits frais et je me suis dit que c’était ce qu’il me fallait. La population est contente, mais cela dépanne surtout les gens qui ont des problèmes de mobilité et, bien entendu, nos anciens.


Est-ce aussi un problème de modèle économique ?

Peut-être que dans notre commune, avec 1400 habitants, nous aurions pu faire autre chose. Normalement, nous pourrions faire vivre une petite épicerie. Simplement, nous sommes beaucoup trop proches de Laval puisque nous sommes à huit minutes de l’entrée, où il y a une grande surface Leclerc : donc, lorsque les gens reviennent du boulot, ils passent devant ce magasin. Nous sommes en concurrence directe avec les grandes surfaces qui sont à Laval. À mon sens, une épicerie serait viable pour une personne et il faudrait alors peut-être innover, en distribuant des produits bio ou en vrac, parce que c’est très tendance.

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