Le Sénat alerte sur le désastre du Brexit.

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✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Jean Bizet, président de la commission des Affaires européennes du Sénat : « C’est un gâchis monstrueux, au moment où la guerre économique fait rage entre les États-Unis et la Chine. »

À quelques jours de la date fixée pour la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, c’est-à dire le 31 octobre prochain, la plus grande confusion continue de régner. Le Sénat s’inquiète du « désastre » inhérent au Brexit, surtout sans accord, et du bilan perdant-perdant. Il pointe un risque d’éclatement du Royaume-Uni dans un rapport publié par Christian Cambon et Jean Bizet, coprésidents du groupe de suivi sénatorial chargé du dossier : « La décision britannique de sortie de l’UE a déjà eu un coût important pour l’Union, les États membres, les entreprises et les citoyens. La facture pourrait s’alourdir si le Royaume-Uni décidait de sortir brutalement, sans accord ordonné ». Au-delà du casse-tête de la frontière irlandaise, les sénateurs estiment que « la question écossaise pourrait être relancée ».

Par ailleurs, le rapport met l’accent sur l’urgence d’engager la réflexion sur la relation future entre l’Union et le Royaume-Uni lorsqu’il sera, demain, un État tiers, en particulier en matière de défense et de sécurité. Le Sénat attire aussi l’attention sur les risques d’un accord conclu à la va-vite et sur la nécessité, pour l’Union européenne, de rester ferme dans la négociation quant à l’équité concurrentielle comme condition préalable à tout accord futur de libre-échange. Jean Bizet, sénateur LR de la Manche et président de la commission des Affaires européennes, fait le point sur ce dossier dans un entretien exclusif accordé à Yannick Urrien pour L’Hebdo-Bourseplus. Alors que la situation est susceptible d’évoluer d’une heure à l’autre, il convient de préciser que cet entretien a été réalisé le mardi 15 octobre au Sénat.


L’Hebdo-Bourseplus : Le premier aspect concerne les hommes : personne n’a l’intention de leur demander de faire leurs valises et de partir, qu’il s’agisse des Français en Angleterre ou des Anglais en France. Est-ce l’élément le plus rassurant dans cette affaire de Brexit ?

Jean Bizet : Oui, puisque l’homme l’emporte sur tout le reste. Nous avons, au niveau national, permis au gouvernement de prendre des ordonnances, sans passer par le Parlement, pour régler cette question et c’est basé sur une grande réciprocité entre ce que nous ferons dans l’Union à 27 et nos amis britanniques de l’autre côté. A priori, à part quelques petits ennuis, notamment sur les déclarations et les visas, il y a une volonté de part et d’autre d’essayer de faciliter la vie des hommes et des femmes.


Lors de vos rencontres, vous avez observé la volonté des Britanniques de faire du Royaume-Uni un paradis fiscal, une sorte de Singapour... Nos pays ne paient-ils pas indirectement une politique très socialisée et très fiscalisée ?

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