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Les marchés restent très fragiles
ANALYSE GRAPHIQUE
✍️ Par Mustapha GHAILANE
En, fin de semaine dernière, la Bourse de Paris avait réussi à battre son précédent pic de 5.677,77 point du 25 juillet en réalisant une nouvelle pointe à 5.696,25 points en séance du vendredi 20 septembre. C’est également un nouveau plus haut sur les douze dernières années. Les deux précédentes pointes remontent à juin 2007 avec un Cac 40 culminant à 6.168,15 puis au sommet de la bulle internet de septembre 2000 avec le record historique de 6.944,77 points. Sur l’indice Cac 40 GTR qui réintègre les dividendes distribués dans son calcul, à l’instar du Dow Jones et du Dax, ce sont des records historiques qui ont été battus. A court terme, la partie basse du graphique du Cac où sont représentés les histogrammes des Macd, un signal clair de retournement baissier est apparu avec la traversée à la baisse la ligne des zéro accompagnée de la cassure du support court terme de 5.530 points. Pourtant, sur le moyen terme la tendance semble encore haussière avec des cours évoluant dans un canal ascendant dont ils viennent de buter sur la ligne supérieure passant actuellement autour de 5.700 points. En dessous, en cas de cassure, la baisse devrait accélérer vers le support du nouveau canal ascendant secondaire passant autour de 5.290 points. Le point de départ du retournement de la confiance des gros intervenants est sans doute la très brève crise causée par l’attaque des installations pétrolières en Arabie Saoudite.
Même si les dégâts se sont avérés beaucoup moins graves que craint initialement, c’est surtout la réaction des marchés qui fait peur. Elle a rappelé aux intervenants que la belle confiance apparente des acheteurs cachait une fragilité flagrante des marchés financiers. Jusque-là, les mauvaises nouvelles ont toujours été parfaitement absorbées. Mais là, c’est un accident, c’est-à-dire quelque chose que les marchés ne pouvaient pas prévoir. La nervosité des marchés pétroliers a quand même de quoi interpeller. En réalité, la spéculation est devenue gigantesque sur tous les marchés ce qui peut rendre la situation explosive d’un instant à l’autre. C’est cette prise de conscience tardive qui rend les intervenants beaucoup plus nerveux que lors des mois précédents. Du coup, beaucoup de gérants institutionnels se demandent s’il ne faut pas revendre tout de suite pour assurer les revenus des retraités des fonds de pension, sachant qu’il n’y a quasiment plus de coupons à attendre des obligations, mais plutôt l’inverse avec les taux négatifs sur les emprunts d’États.
Du côté des fondamentaux, il n’y a pas non plus de quoi sauter au plafond avec une économie mondiale en perte de vitesse. Pis, en Europe, c’est même la récession qui menace. Dans ces conditions, les intervenants qui avaient projeté d’envoyer les indices boursiers beaucoup plus haut commencent à se faire du soucis. Vont-ils paniquer et sortir, de peur de se faire piéger avec leurs positions haussières gigantesques ? Rien n’est impossible, mais ce qui semble certain, c’est que la confiance commence à perdre du terrain au fur et à mesure que les cours baissent. De plus, il y a le mois d’octobre qui se profile avec traditionnellement des sorties de capitaux nettes du marché à attendre de la par des investisseurs finaux qui doivent faire face à des échéances fiscales entre autres. Pour résumer, même si le pire n’est jamais certain, il me semble que le marché s’est considérablement fragilisé.
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