Actionnaires spoliés, salariés victimes des fonds vadeurs : ne rigolez pas, les autorités sont complices de vos prédateurs !

LE DOSSIER DE LA SEMAINE

✍️ Par Nicolas MIGUET

Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 4 octobre 2019 (numéro 1.008) : “Brexit : explosion finale ?”. Bonne lecture !!!

J’ai cru que c’était une farce. Comme j’ai des informateurs partout, on m’a transmis, mi-septembre, une invitation à une conférence de l’ex-officine de Sophie Vermeille (sinistrement connue pour être financée par les fonds vadeurs actifs sur Casino-Rallye) au siège d’Axa, 21, avenue Matignon, 75008 Paris. La conférence se tiendra en anglais, et l’invitation était, bien évidemment, dans la langue de Shakespeare. Le titre de cette conférence, qui se tiendra le 18 octobre dans ce lieu chic de Paris, c’est : « Shareholder activism & other forms of shareholder empowerment : the new normal ? ». En bon français, on pourrait traduire par « activisme actionnarial et autres formes de prise de pouvoir par les actionnaires : la nouvelle norme ? ».


Surprise ! Le patron de l’AMF “parraine” les malfrats de la Bourse.

La conférence va être ouverte à 9h15 par François Vannesson, Secrétaire général d’Axa Climate, et elle sera suivie par une intervention, défense de s’esclaffer, de Robert Ophèle, président de l’AMF. Avoir une conférence des banksters sous présidence et parrainage de l’AMF, qui est une institution censée protéger l’actionnariat individuel, les entreprises contre la prédation excessive, c’est fort de café. J’ignore si Robert Ophèle va quitter la salle à 10 heures du matin, mais il pourra assister à la première table ronde avec comme intervenant Laurence Parisot, actuellement présidente de CitiGroup, c’est l’ancienne patronne du MEDEF, le syndicat patronal français. C’est quand même bizarre, qu’une ancienne patronne du MEDEF intervienne chez les banksters. Juste après, il y aura une pause-café à 11h15, puis une deuxième table ronde à 11h45 avec comme « modérateur » la très sulfureuse Sophie Vermeille, qui se présente désormais comme avocate, et qui est intervenante revendiquée au profit des fonds agressifs dans la vente à découvert sur les dossiers Casino et Rallye. Il n’y a jamais que 77.000 emplois qui sont en jeu, on ne peut pas dire que ce soit une philanthrope ! A 13 heures, il y aura un repas, à 13h45, une nouvelle table ronde va être lancée, avec des intervenants de Proxinvest, AlphaValue, un conseiller stratégique de GRDF…


Que vient faire Axa dans cette “galère” ?

Cette conférence est organisée sous les auspices d’Axa et de « personnalités », par Droit et Croissance, une organisation pseudo non-gouvernementale, qui est très contestée, tout le monde le sait. Qui paie ? Il faut bien se poser la question. Car l’événement est gratuit pour les universitaires ainsi que pour les fonctionnaires… qui auront, surtout lorsqu’ils travaillent à l’AMF, vraisemblablement leur journée offerte pour venir y assister, écouter la propagande, ou faire une sieste. Si « Dom Robert » y va, il y a vraisemblablement l’autorisation d’y aller pour toute la cavalerie de la gendarmerie financière. Comme cette conférence se tient un mercredi, je ne m’y suis pas inscrit, vous comprendrez que d’aller manger à la table du Diable n’est pas ma tasse de thé, même si je peux me doter d’une très longue cuillère, d’eau bénite, et de quelques gousses d’ail, sans compter les différents accessoires nécessaires pour estomaquer Dracula et autres affidés ! Au début, honnêtement, j’ai cru qu’on se fichait de moi. J’ai vérifié auprès d’Axa, la conférence aura bien lieu chez eux, j’ai vérifié auprès de l’AMF, M. Robert Ophèle est bien le parrain de cette conférence. Les bras m’en sont tombés. Là où les banques américaines ont été poursuivies et condamnées, parfois suite à des accords amiables, à de très lourdes amendes suite aux différentes manipulations de marché dont elles ont été l’auteur lors de l’affaire des subprimes ou d’autres affaires, comme notamment la manipulation des taux d’intérêt sur le Libor, en France, le président de l’AMF, Autorité des marchés financiers, vient plastronner chez les banksters, appuyant de son autorité théorique des manœuvres qui sont extrêmement douteuses.

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