Un marché immobilier dynamisé par les primo-accédants.

LA VIE DE L’IMMOBILIER

✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Philippe Taboret, directeur général adjoint de Cafpi : « La politique du gouvernement continue de stigmatiser les propriétaires, de leur taper dessus, et de leur prendre un maximum. »

Dans sa dernière étude, Cafpi indique que les emprunteurs ont profité des taux bas pour concrétiser leurs projets immobiliers. Les primo-accédants, qui représentent 66 % de la clientèle de Cafpi, continuent d’être la locomotive de la bonne santé du marché immobilier. L’allongement des durées d’emprunt et la baisse des taux leur permettent de se lancer dans leur projet immobilier. En août, le montant moyen emprunté était de 221 342 € sur 249 mois avec un effort consenti représentant 5,76 années de revenus, alors qu’il était, en juillet, de 220 986 € sur 247 mois pour un effort consenti de 5,18 années de revenus. Cette augmentation de l’effort consenti par les primo-accédants est un signe de la démocratisation de l’accession à la propriété. Du côté des autres accédants, le montant moyen de l’emprunt a légèrement baissé, passant de 278 023 € sur 198 mois en juillet, à 277 255 € sur 198 mois en août. En répercussion à cette baisse du montant emprunté, l’effort consenti est passé de 4,79 années de revenus en juillet à 4,48 années en août.


L’Hebdo-Bourseplus : Vous annoncez une rentrée immobilière dynamisée par les primo-accédants. Voyez-vous arriver une nouvelle génération qui accède à la propriété ?

Philippe Taboret : Je n’irai pas jusqu’à dire que la population rajeunit, mais la quantité de primo-accédants dans les volumes que nous traitons est très solide, avec un seuil assez élevé. Il y a un peu plus d’un an, j’avais fait un pronostic en disant qu’il fallait faire attention, avec la perte des aides, que le nombre de primo-accédants allait diminuer et que ce serait tout le marché qui allait en subir les conséquences... Mais ceux qui font des pronostics se trompent souvent !

En définitive, la chute des taux, qui n’était plus attendue, a compensé cette perte de pouvoir d’achat et cela a dopé le marché de l’accession à la propriété. Les taux sont à un niveau record et, en plus de cela, il y a également la volonté des banques de prêter et elles le font en allongeant les durées d’emprunt. Plus aucune banque n’est frileuse aujourd’hui à prêter sur 25 ou 30 ans, donc cet allongement de durée redonne de la capacité d’emprunt. Nous relevons également depuis cet été que l’on dépasse allègrement pour cette clientèle de primo-accédants les 100 % de financement. On va au-delà du prix d’achat du bien. Aujourd’hui, près de 60 % des financements de primo-accédants se font à plus de 100 %, jusqu’à 110 %, donc en incluant les frais de notaire.


Les banques se montrent-elles plus ouvertes, ou prennent-elles toujours en compte le même niveau d’endettement ?

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