Le débat sur la réforme des retraites au coeur de l’actualité de la rentrée.

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✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Stéphane Viry, député LR des Vosges : « Une forme de consensus peut aboutir, parce que la France est prête et parce que l’inconscient national nous dit qu’il faut y aller ».

La réforme des retraites vient s’inscrire au cœur de l’actualité politique de cette rentrée, avec l’annonce d’une « concertation citoyenne ». Selon le rapport Delevoye, et dans l’attente d’autres propositions, 10 euros cotisés donneraient droit à 1 point. Les points cumulés seraient indexés sur l’évolution des salaires, et non pas sur l’inflation, et 1 point acquis vaudrait 0,55 euro lors de la liquidation des droits. En tout état de cause, les 42 régimes actuels sont appelés à disparaître. Par ailleurs, l’âge légal (minimum) de départ à la retraite resterait fixé à 62 ans, sauf pour certains métiers régaliens, policiers ou pompiers par exemple. Un âge de taux plein à 64 ans pourrait être instauré, ce qui est en fait un âge d’équilibre du futur régime universel, car la notion de taux plein perd de son sens avec l’abandon des trimestres cotisés.

En 2025, année d’entrée en vigueur de la réforme arrêtée à ce stade, ceux qui choisiraient de liquider leurs droits avant 64 ans verraient leur rendement diminuer de 5% par année d’écart, tandis que ceux qui poursuivraient leur activité au-delà bénéficieraient d’un rendement majoré de 5%. Le futur régime universel de retraites devrait être aussi plus redistributif, avec l’abandon de la règle des 25 meilleures années pour le calcul de la retraite de base. Enfin, les revenus donnant droit à des points seraient plafonnés à 120 000 euros bruts par an. Nous abordons ce sujet avec Stéphane Viry, député LR des Vosges, en charge notamment de ce dossier pour son groupe.


L’Hebdo-Bourseplus : Le gouvernement annonce une « concertation citoyenne » sur les retraites, mais on a déjà des pistes… On nous explique que l’âge légal ne changerait pas, mais qu’il y aurait un système de malus et de bonus si l’on décidait de partir plus tôt ou plus tard. N’y avait-il pas déjà un consensus sur cette idée, puisqu’elle avait même été émise par François Fillon ?

Stéphane Viry : Je n’étais pas élu au moment de la campagne présidentielle et je ne suis pas comptable de ce qu’a pu dire ou penser François Fillon. Ma pensée est vierge de toute filiation. La recherche d’un consensus sur un sujet comme les retraites est une bonne chose et, à l’exception des extrêmes, beaucoup pensent qu’il faut assumer une réforme systémique de notre système de retraite en France. La loi Woerth de 2010 confirme la convergence des régimes pour aller vers un régime unique avec un système à points. Donc, ce qui se passe en 2019 était déjà préfiguré par un gouvernement de droite en 2010. Si, à partir de cette base, on peut travailler collectivement pour aboutir à quelque chose qui constitue in fine un élément fondamental du pacte social, je considère que ce serait une bonne chose compte tenu de l’état de notre pays.

La première condition est d’abord de regarder que cela ne dérape pas en termes de prélèvements dans le PIB, car nous avons quand même un coût des retraites qui est supérieur à celui de nos collègues européens et l’on ne peut être que sensible à cette question. La deuxième chose qui nous préoccupe, c’est le taux de remplacement, puisque cela va influer sur le montant des retraites. C’est l’état d’esprit qui anime les collègues de mon groupe. Monsieur Delevoye a beaucoup discuté, il présente une orientation et des préconisations avec cette distinction hypocrite entre l’âge légal et l’âge de départ. J’attends qu’il m’explique concrètement ce que cela donnerait en termes de montant de pension de retraite. Si, effectivement, partir à 62 ans implique d’avoir une toute petite retraite, ce qui serait en contradiction avec l’autre objectif assigné, c’est-à-dire qu’il y ait un minimum de 85 % du SMIC pour toutes les pensions... C’est évidemment quelque chose qui doit être clarifié.

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