Comment un village a pu renaître après la fermeture de la mine.

LA VIE DES COMMUNES ET COLLECTIVITÉS LOCALES

✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

André Fabre, maire de Blaye-les-Mines (Tarn) : « Une grande partie des gens qui habitaient à Albi sont venus dans ce village où il y avait des commerces et des écoles, et tout est reparti ».

En 1970, Blaye-les-Mines comptait encore 6000 mineurs. Quarante ans après la fermeture de la dernière mine, ce village du Tarn comprend aujourd’hui 3000 habitants. Ceux qui l’ont connu à cette époque disent qu’il est entièrement transformé. On parlait de deux villages et tout était en double. Les gens du haut se considéraient comme les « historiques », alors que maintenant les nouveaux arrivants ne font plus la différence. André Fabre, maire de Blaye-les-Mines depuis 2001, est un ancien professeur d’histoire-géographie qui a découvert la commune presque par hasard. Aujourd’hui, même s’il estime que Blaye-les-Mines ne s’est pas totalement relevé de cette période, il reconnaît que beaucoup de chemin a été fait grâce à l’esprit de combativité de ses administrés.


L’Hebdo-Bourseplus : La fermeture des mines a constitué un problème pour de nombreuses communes, avec pour effet une désertification de la population, or cela n’a pas été votre cas. Comment avez-vous pu prendre un virage pour connaître un nouveau développement ?

André Fabre : Il y a plusieurs raisons. D’abord, nous ne sommes pas totalement dans un contexte minier et il y a beaucoup de verdure, donc la mine n’était pas très visible et nous avons toujours eu un environnement agréable. Ensuite, nous avons des infrastructures, avec des commerces, un lycée et un collège. Ce qui était au départ un inconvénient est devenu un avantage, puisque la mine était propriétaire de tous les terrains. Il y avait 888 hectares qui appartenaient à la famille propriétaire de la mine, puis aux houillères au moment de la nationalisation. Quand la mine a fermé, en lâchant tous les terrains et le patrimoine immobilier, les prix ont fortement baissé. Dans ce contexte, une grande partie des gens qui habitaient à Albi mais qui ne pouvaient pas accéder à la propriété sur Albi, sont venus dans ce village où il y avait des commerces et des écoles, et tout est reparti. Mais nous ne sommes pas repartis avec des entreprises venues de l’extérieur pour remplacer les emplois miniers, il y a eu quelques tentatives, mais cela n’a pas marché.


Comment se porte votre commune aujourd’hui ?

Quand il y avait la mine, il était très facile de gérer la commune parce que la mine prenait à sa charge de nombreux travaux et, quand la mine est partie, les mauvaises habitudes étaient prises. Par exemple, la mine entretenait les maisons de ses locataires. Il a fallu donc adopter une gestion plus sérieuse en dépensant moins qu’auparavant. Nous y sommes arrivés petit à petit et nous avons retrouvé une bonne situation financière. Nous avons également été aidés par l’État, la région et le département, ainsi que par des collectivités plus importantes qui nous ont donné un coup de main quand nous étions en difficulté.

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