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Vers un nouveau test de débordement des 5.650 points ?
ANALYSE GRAPHIQUE
✍️ Par Mustapha GHAILANE
Les bourses mondiales se sont bien redressées après le coup de mou du début du mois d’août. Pourtant, sur le plan des fondamentaux, on n’a pas observé d’améliorations sensibles dans les dossiers chauds de l’été. Le conflit commercial sino-américain est toujours dans le statu-quo, le Brexit continue d’inquiéter au plus haut point les économistes sérieux et les prévisions sur les niveaux futurs de la croissance outre-Atlantique sont régulièrement révisées à la baisse. A cela, il convient d’ajouter la crise politique de la Chine concernant Hong Kong. Ce qui n’a pas changé, en revanche, c’est le niveau record des liquidités dont regorgent les marchés financiers. La chute des rendements des T-Bonds US à 10 ans au cours de l’été a de plus, accéléré l’effet de richesse ressenti par les investisseurs et les grands gérants de fonds de pension. Il est bon de rappeler que lorsque les taux baissent, la valeur des obligations monte sur les marchés secondaires, car la plupart de ces produits sont négociables sur les marchés tous les jours dès le lendemain de leurs émissions. Il s’agit en réalité de la formation d’une gigantesque bulle spéculative inédite sur les marchés de la dette, notamment celle des États. Les investisseurs consentent à prêter leur argent à perte ( taux négatifs ) s’ils ne souhaitent pas prendre de risques boursiers ou immobiliers. Car c’est exactement ce but précis que les banques centrales recherchaient depuis la crise de 2008 ! Faire baisser les taux courts puis de proche en proche les taux à 6 mois, 1 an, 2 ans, 6ans et enfin les 10 ans par le jeu des rachats programmés d’actifs sur les marchés par les « QE » successifs. L’objectif de priver complètement les obligataires de rendements est dépassé au-delà des espérances car aujourd’hui, ils doivent en plus payer pour avoir le droit d’y rester ! L’objectif final étant bien entendu de ré-orienter l’épargne vers les entreprises à travers les actions. Pour le moment, une partie importante du flux de capitaux issu des obligations continue d’alimenter les marchés actions et entretient les cours près des sommets historiques.
Il s’agit principalement des prises de bénéfices des investisseurs sur les marchés obligataires et qui recherchent désormais un coupon, un dividende ou une plus-value. Le problème, c’est que l’économie réelle, très largement abreuvée, n’a plus soif. En réalité, après avoir longtemps plafonné en haut de son cycle d’expansion, elle est déjà entrée en phase d’atterrissage. Ses besoins de financement sont largement utilisés et elle ne peut plus absorber le surplus de liquidités disponibles chez les investisseurs. La BCE, par exemple, pense qu’il faut encore augmenter la masse des liquidités disponibles pour éviter l’entrée en récession. Le danger pour les bourses mondiales c’est qu’à un moment ou à un autre, il va y avoir un problème majeur sur la dette souveraine et tout finirait par s’effondrer en cascades. Les bases de l’échafaudage de la pompe à liquidités se fragilisent avec le temps et cela touche particulièrement le système bancaire du vieux continent dont la France ! En attendant, à court terme, cela ne semble guère empêcher les indices boursiers de reprendre le chemin de la hausse. Même sur le même à moyen terme, du moment que la gigantesque cavalerie de la dette souveraine tient encore. Techniquement, après avoir refermé son « gap » baissier de début août, l’indice Cac 40 repasse au-dessus de la résistance intermédiaire de 5.500 points. L’objectif théorique de cette remontée se situe désormais au niveau de la résistance majeure à long terme de 5.650 points, avec probablement un nouveau test de débordement à la clé !
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