Le groupe français spécialisé dans la construction de drones professionnels poursuit son développement.
LA NOUVELLE ÉCONOMIE INTERVIEW
Olivier Gualdoni, PDG de Drone Volt : « Le drone permet de réaliser une mission beaucoup plus rapidement et d’une façon beaucoup plus simple. »
Drone Volt est un constructeur aéronautique spécialisé dans les drones civils professionnels et l’intelligence artificielle. Le groupe, qui a réalisé un chiffre d’affaires de 7,4 millions d’euros en 2018, est notamment le fournisseur d’administrations et d’industriels tels que le Ministère des Armées, Engie, Total, Bouygues, ADP, la Gendarmerie des transports aériens (GTA) et d’agences gouvernementales internationales. Cet été, l’entreprise a annoncé la signature d’une nouvelle commande pour deux drones Altura Zenith équipés de caméras intelligentes Pensar, émanant d’un acteur européen de la surveillance et de l’inspection. Les systèmes sont destinés à l’inspection de lignes électriques et ils s’intègrent dans la première étape de la constitution d’une flotte qui pourrait aller jusqu’à 20 solutions de ce type. Olivier Gualdoni, PDG de Drone Volt, répond aux questions de L’Hebdo-Bourseplus.
L’Hebdo-Bourseplus : Le marché du drone s’est développé il y a quelques années auprès du grand public. Pour quelles raisons vous êtes-vous orientés exclusivement vers le marché professionnel ?
Olivier Gualdoni : Lorsque nous avons commencé notre activité drone, qui remonte à 2011, le premier contrat signé a été avec la société chinoise DJI, qui est aujourd’hui le plus gros fabricant de drones semi-professionnels. Nous avons été leur premier distributeur en Europe et, jusqu’en 2016, nous avons eu une activité principalement axée sur la distribution de produits semi-professionnels puisque DJI a des produits grand public, mais aussi des produits professionnels. Ensuite, un certain nombre d’événements ont fait que j’ai décidé petit à petit de changer le modèle économique de l’entreprise. D’abord, beaucoup de gens ont pris connaissance de ce qu’était un drone et de toute la largeur de l’offre. Les gens ont commencé à jouer avec des drones en se disant que cela pouvait servir à autre chose que des photos. Nous avons reçu des messages de professionnels nous demandant d’adapter un certain nombre d’outils. Nous avons commencé par prendre les plus gros porteurs de DJI en modifiant quelques outils. Nous n’avons pas rencontré un très grand succès, parce que le drone n’était pas vraiment adapté pour réaliser les missions dont nous avions besoin et nous avons connu un certain nombre d’échecs en adaptant les drones de DJI.
Petit à petit, cela m’a poussé à développer notre propre gamme de drones. J’ai créé ma propre plate-forme à partir d’un cahier des charges, en travaillant beaucoup sur la rigidité du drone, avec une carte de vol très précise. C’est assez complexe. Il y a un niveau sur chaque drone et, dès qu’il y a une inclinaison, le contrôleur de vol interprète cette inclinaison comme un mouvement et comme une accélération. Forcément, si cela ne correspond pas à une vraie accélération, le drone va envoyer une fausse information au contrôleur de vol. Donc, nous avons conçu un drone extrêmement rigide, pour qu’il ne puisse pas s’incliner, même avec une charge importante. Autre point extrêmement important, Drone Volt a travaillé sur les missions que doit remplir le drone et non pas sur le drone en lui-même. Nous ne sommes pas un revendeur de drones sur étagères : notre métier est de vendre des drones sur mesure pour remplir des missions particulières que certaines agences gouvernementales nous ont commandées. La deuxième spécificité était aussi de pouvoir réparer le drone le plus rapidement possible en cas de chute éventuelle. Un drone qui travaille peut rencontrer un obstacle et tomber, et nous avons fait en sorte que l’on puisse changer facilement les bras, le moteur ou les hélices en cas de chute. Ainsi, le drone est à nouveau opérationnel en moins d’une heure car, souvent, il est impossible d’annuler une mission si un drone tombe. Par ailleurs, nous essayons d’utiliser dans nos drones des composants électroniques que l’on peut trouver dans tous les pays.
Cependant, pour toute la programmation du drone, c’est nous qui nous en occupons. Nos composants sont donc disponibles dans toutes les capitales. C’est tout cela qui nous a permis de développer notre gamme. Il y a une nouveauté sur le H2, toujours dans cette idée d’avoir un drone opérationnel en permanence : c’est qu’il est entièrement imprimé en 3D. C’est uniquement de l’impression 3D à l’exception du capot. Ainsi, si vous cassez un bras, vous pouvez réimprimer immédiatement un autre bras. Concrètement, on n’a plus besoin d’emporter avec soi des pièces détachées, mais du matériel permettant de réimprimer l’ensemble des pièces détachées. C’est une demande de plus en plus forte dans les armées ou dans les agences gouvernementales, car la gestion des pièces détachées est un vrai casse-tête. Aujourd’hui, il est de bon ton de proposer des solutions techniques où il n’y a plus besoin de gérer des stocks de pièces détachées. Or, un parc d’imprimantes 3D permet de réaliser des pièces détachées pour des centaines de produits.
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Tarif valable jusqu'au 28/02/2027 sous réserve de variation du taux de TVA.
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