Un commandement militaire de l’espace pour anticiper les risques liés à cette nouvelle dimension.

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✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Fabien Lainé, député MoDem des Landes : « Défendre notre espace relève de la sauvegarde de nos intérêts vitaux. »

Fabien Lainé, député MoDem des Landes et membre de la commission de la défense à l’Assemblée nationale, rappelle que « l’espace exo-atmosphérique est un domaine hautement stratégique et un nouveau théâtre dimensionnel. Du simple distributeur automatique de billets aux voitures autonomes, tous les systèmes civils contemporains et futurs en dépendent. En matière militaire, le renseignement d’origine satellitaire technique est vital. Perdre le contrôle de l’espace aujourd’hui, c’est abandonner notre souveraineté demain ». Dans l’entretien qu’il nous a accordé, Fabien Lainé explique pourquoi il s’agit d’un sujet crucial pour la préservation de nos intérêts vitaux.


L’Hebdo-Bourseplus : Dans les années 80, Ronald Reagan parlait de la guerre des étoiles. C’était un concept flou à l’époque, mais c’est une réalité aujourd’hui. Qu’est-ce que cela signifie ?

Fabien Lainé : Il n’y a plus de nouveaux traités qui traitent réellement de l’arsenalisation de l’espace. Il y en a eu un il y a plus de 40 ans mais, depuis, il y a effectivement un vide juridique sur le plan international, parce que les technologies n’étaient pas tout à fait au point, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui, puisque vous avez près de 2000 satellites qui tournent autour de la Terre et il devrait y en avoir 8000 à l’horizon 2030. C’est un enjeu majeur, qui n’est pas simplement partagé par les Nations, puisqu’il y a aussi des acteurs privés qui vont dans l’espace. Nous devons donc avoir absolument une stratégie dans ce domaine, d’autant que la France est la première puissance spatiale européenne. C’est une puissance reconnue dans le monde, parce qu’il y a peu de pays qui ont la technologie de la France dans ce secteur. Nous devons être aussi pilotes dans le droit, nous devons être le moteur d’une vraie réglementation spatiale et nous devons arriver à défendre nos satellites.

Il y a quelques mois, il y a eu le cas de ce satellite russe qui s’est rapproché du nôtre. Nous avions abordé ce cas en commission de la défense et la ministre des Armées a confirmé qu’elle réfléchissait depuis longtemps sur cette question, afin que les Russes ou les Chinois n’aspirent pas nos données depuis l’espace. Mais il n’y a pas que la problématique propre à l’espace, c’est aussi une question de l’espace vers la Terre et de la Terre vers l’espace. Nous devons travailler sur ces trois dimensions. Si un satellite s’approche du nôtre, comment le neutraliser sans en rajouter ? C’est ce que l’on appelle le syndrome de Kessler : c’est-à-dire que si vous avez une sorte de petit canon sur votre satellite, pour le défendre, l’autre satellite part en mille morceaux et tout cela tourne à plusieurs dizaines de milliers de kilomètres/heure, donc imaginez le chaos que cela peut créer sur les orbites... Il faut que l’on arrive à neutraliser des satellites qui ne sont pas bienveillants et qui seraient trop près de nos satellites d’observation et d’écoute, car ce sont des satellites vitaux pour nos réseaux, y compris nos réseaux civils, et il faut arriver à se protéger sans ajouter du chaos au-dessus de nos têtes. C’est toute la problématique.


Les satellites ne respectent pas les frontières géographiques des États, il faut donc aussi respecter une cohabitation entre toutes les puissances spatiales...

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