LegalPlace lève 6 millions d’euros pour accélérer la digitalisation des opérations juridiques.

LA NOUVELLE ÉCONOMIE INTERVIEW

✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Mehdi Ouchallal, cofondateur de LegalPlace : « Nous voulons devenir l’interlocuteur privilégié des petites et moyennes entreprises françaises. »

LegalPlace répond à une forte attente des dirigeants de TPE et PME qui consacrent beaucoup trop de leur temps à la gestion des opérations et des démarches juridiques de leur entreprise. Avec souvent un savoir-faire limité en la matière et pour qui le recours à un avocat ou à un juriste ne se fait, en général, qu’en cas de situations complexes ou conflictuelles. Certes, nombreux sont ceux qui se débrouillent avec leurs propres moyens dans les situations plus fréquentes, sur le plan opérationnel (embauche ou séparation avec un salarié, conclusion d’un contrat avec un prestataire, etc.) et structurel (modifications de leurs statuts, conclusion d’un bail, etc.), mais sans aucune certitude quant à la validité juridique des documents qu’ils produisent et signent, ou la conformité aux bonnes pratiques des opérations qu’ils effectuent. LegalPlace développe une technologie avancée qui permet d’automatiser les opérations juridiques, des plus simples aux plus complexes, avec la possibilité de faire intervenir des experts (avocats) aux bonnes étapes.

Sa solution donne également les moyens de comprendre le contexte et les contrats existants, d’en extraire les bonnes informations, via l’intelligence artificielle, pour générer des documents et opérations en phase avec les dernières législations en vigueur et les spécificités de l’entreprise. De la même façon, cette technologie permet d’alerter un gestionnaire sur la non-conformité de certains contrats au regard d’une évolution réglementaire. Depuis sa première levée de fonds, d’un montant d’un million d’euros, intervenue fin 2017, LegalPlace a fait du chemin. Ainsi, elle a multiplié sa croissance par sept et elle fait passer ses effectifs de 25 à 50 collaborateurs, principalement des ingénieurs, des spécialistes du digital et des juristes expérimentés. L’entreprise vient de lever 6 millions d’euros pour accélérer son développement et couvrir des nouveaux aspects, comme l’augmentation de capital et les autres changements statutaires. Pour y parvenir, plusieurs briques technologiques seront développées dans les prochains mois, dont certaines sont basées sur l’intelligence artificielle et le machine learning.


L’Hebdo-Bourseplus : On entend souvent dire qu’il est pratique de faire appel à une LegalTech pour une opération simple, mais que dès qu’il existe un risque plus pointu, il vaut mieux s’adresser à un professionnel. Que répondez-vous à cet argument ?

Mehdi Ouchallal : Il y a plusieurs catégories de LegalTech, certaines sont dans l’agrégation de contenus juridiques, alors que d’autres sont dans la production de contenus juridiques. Nous sommes dans la production. Vous pouvez trouver des LegalTech qui font de l’abattage, avec des modèles assez standards, alors que notre objectif est de proposer des choses standardisées qui apportent les meilleures pratiques de marché aux entrepreneurs. Tous nos actes sont produits par des avocats expérimentés et il y a beaucoup de recherche et développement avant de sortir une opération ou un acte.

Une bonne LegalTech doit proposer un parcours utilisateur de telle sorte que les bons réflexes soient activés. Derrière, quand les clients ont des besoins un peu plus complexes, puisque nous sommes sur la règle des 80/20 (80 % de cas standardisés et 20 % de cas particuliers), nous les mettons en relation avec des avocats de notre réseau. Ce n’est pas une place de marché avec des avocats qui s’inscrivent sur notre site, puisque nous avons vraiment des avocats au sein de notre réseau. L’idée d’une LegalTech n’est pas de remplacer le professionnel du droit, mais d’automatiser tout le travail récurrent en apportant du conseil humain, donc du conseil juridique, là où vraiment il a toute sa valeur ajoutée. La LegalTech vient donc se combiner à l’offre qui existe aujourd’hui et elle ne va pas la remplacer.

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