Un graphique boursier mettant en évidence les lignes de tendance, niveaux de support et résistance

Wall Street perce le plafond de verre

ANALYSE GRAPHIQUE

✍️ Par Mustapha GHAILANE

Au cours de la semaine écoulée, les indices américains ont réussi à déborder largement leurs zones respectives des records historiques absolus. Techniquement, la traversée de cette zone de résistance majeure à long terme représente un signal de poursuite de la hausse pour plusieurs semaines, voire plusieurs mois pour les marchés américains il faut bien le préciser. Pour reprendre la métaphore du numéro précédent, on pourrait dire que les bourses US ont percé le plafond ou le ciel de verre qui les empêchaient jusque-là de poursuivre leurs rallyes précédents. Une véritable déferlante de capitaux à la recherche de rendements et de plus-values rapides s’est emparée des actions américaines et ne semble toujours pas vouloir prendre d’autres canaux. Les marchés obligataires dont les rendements ne cessent de baisser en devenant même négatifs en Suisse, en Allemagne et désormais en France sont bien entendu saturés. Leurs rendements baissent parce qu’il y a plus de demande que d’offre nonobstant l’endettement croissant des états et des entreprises. Il y a donc de l’argent, beaucoup d’argent qui ne trouve pas preneur, c’est-à-dire qu’il manque de plus en plus d’emprunteurs crédibles ou suffisamment solides. Or, cette situation a été organisée en amont avec les politiques monétaires des Banques centrales qui se sont énormément endettées pour acheter des dettes souveraines et parfois privées, directement sur les marchés. Elles se sont placées en concurrentes directes, artificielles et déloyales face aux vrais investisseurs finaux de ces marchés. Il faut bien comprendre que l’objectif principal affiché par les Banques centrales, en dehors de celui d’une inflation à 2 %, est de pousser les investisseurs vers les actifs à risques afin de « relancer l’économie ».

Cet objectif semble aujourd’hui atteint outre-Atlantique où non seulement les actions bénéficient fortement de cette manne mais également les start-up qui trouvent facilement des financements et des actionnaires. En Europe et tout particulièrement en France, cette équation ne fonctionne pas car elle n’est pas assise sur les mêmes bases logiques pour deux raisons principales : la fragilité du système bancaire et une fiscalité aberrantes sur les actions. A tel point qu’il y a encore beaucoup d’investisseurs qui préfèrent des taux obligataires négatifs à la prise de risque dans un tel environnement financièrement faible et législativement confiscatoire. Beaucoup d’entre eux, comme j’ai pu le voir chez la plupart des gestionnaires de patrimoine choisissent encore les valeurs américaines nonobstant leurs cours stratosphériques. Faut-il attendre enfin un appel d’air en faveur des actions françaises après la nouvelle envolée de Wall Street et la baisse des taux aux États-Unis également ? La réponse est exclusivement aux mains des investisseurs anglo-saxons, qui ne subissent pas les mêmes taxes que les nationaux, qui pourraient enfin décider de « diversifier » comme ils l’avaient fait à partir d’août 1999 jusqu’à septembre 2000. Pour mémoire, cette période avait vu les indices US stagner et les indices européens s’envoler sous la poussée de leurs achats. Même dans ces conditions extrêmement favorables, ce serait vraiment la toute dernière vague du grand cycle haussier majeur, comme en 2000 avec l’éclatement de la bulle internet qui suivit. Du point de vue technique, à la Bourse de Paris, l’indice Cac 40 a encore des velléités de hausse mais n’arrive pas encore à percer son propre plafond de verre de 5.650 points !

Pour lire ce numéro (Accès numérique)

Validez le formulaire ci-dessous

Tarif valable jusqu'au 28/02/2027 sous réserve de variation du taux de TVA.
L'Hebdo Bourse Plus sort un numéro double fin juillet et ne paraît pas en août.

Les paiements sur notre site sont sécurisés et traités par Stripe, un prestataire de paiement en ligne de confiance. Vos informations de paiement sont protégées par des protocoles de sécurité de pointe, garantissant une expérience d'achat sûre et sécurisée. Vos données sont protégées par le chiffrement TLS et la tokenisation. Stripe est certifié conforme aux normes de sécurité PCI DSS.