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D’un krach à l’autre, les bulles à éviter.
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
✍️ Par Nicolas MIGUET
Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 26 juillet 2019 (numéro 1.001) : “Renault-Nissan : réparer les pots cassés”. Bonne lecture !!!
Les plus vieux de mes abonnés s’en souviennent peut-être. C’était il y a vingt ans tout juste, Lionel Jospin était Premier ministre, Dominique Strauss-Kahn était ministre de l’Economie et des Finances, c’était au moment de la privatisation de Thomson-CSF, devenue Technicolor depuis. A l’époque, nous avions inondé la France entière de fax (près d’un million envoyés), incitant les personnes éventuellement intéressées par cette privatisation « populaire », à écouter mon conseil audiotel, à lire l’étude que j’avais publiée dans La Lettre La Bourse à l’époque… qui, en conclusion, considérait que cette affaire ne valait rien, ou presque, et qu’il fallait rester à l’écart.
Au même moment, l’hebdomadaire Investir, déjà filiale à 100 % du groupe LVMH, récipiendaire de copieuses pages de publicités (une aide à la décision ?), avait conseillé à ses abonnés d’acheter des actions Thomson-CSF au prix de 53,90 euros. Dix actions Thomson-CSF ont permis de recevoir une seule action Technicolor, après regroupement, l’action Technicolor, ce mercredi, a connu un plus bas historique à 0,741 euro. Pour résumer, en suivant les conseils d’Investir, quelqu’un qui a acheté pour 539 euros d’actions Thomson-CSF se retrouve, dix ans plus tard, avec zéro dividende, et seulement 0,74 euro en poche, même pas de quoi acheter le timbre-poste nécessaire pour écrire une lettre à Bruno Le Maire, afin de commémorer cette escroquerie d’Etat, une manifestation particulière de l’orientation de l’épargne vers le puits sans fond des dépenses publiques, à travers la nationalisation puis la privatisation de Thomson.
Diviser son patrimoine par presque mille en vingt ans : l’affaire Technicolor.
Bien évidemment, la COB (puis, en succession, l’AMF) n’ont jamais rien trouvé à redire sur ce délicat mélange des genres, sur cette orientation des moutons en direction de l’abattoir. Quand je me pose des questions, les jours de fatigue, sur le sens de mon boulot, je pourrais me remémorer le dossier Thomson-CSF, où j’ai pu épargner, du moins à celles et ceux des lecteurs qui ont suivi mes conseils, la ruine la plus totale. Au début des années 2000, dans les tout premiers numéros de Bourse Plus, qui n’était pas encore devenu l’Hebdo Bourse Plus, j’avais recommandé de vendre l’action France Telecom (devenue Orange depuis), lorsque l’on était monté à plus de 100 euros, le record historique fut ultérieurement à 200 euros environ, il n’empêche, là encore, j’ai fait œuvre de bonnes grâces ! Sur les dossiers Orange, nous avons gagné beaucoup d’argent, tout comme pour le dossier Alcatel-Lucent, par des allers-retours fructueux, en ayant choisi de ramasser, après les krachs divers et variés. Dans ma vie professionnelle, j’ai vécu le krach de 1987, j’ai vécu le krach de l’effondrement de la Russie, de la Corée, et des pays d’Asie du sud-est en 1998-1999, j’ai vécu également le krach des valeurs Internet-télécoms au début des années 2000, il y a eu également le krach de l’immobilier au début des années 1990, il y a eu bien évidemment le krach lié à l’effondrement des prêts immobiliers « subprime », à partir de 2006 et une accélération jusqu’au printemps de 2009…
Les marchés n’apprennent rien de leurs erreurs.