L'indice Cac 40 tente de réintégrer l'ancien canal haussier

ANALYSE GRAPHIQUE

✍️ Par Mustapha GHAILANE

Jusqu’au 27 février, soit la veille du déclenchement de la guerre de la coalition États-Unis / Israël contre la République islamique d’Iran, la Bourse de Paris évoluait sur une belle tendance haussière à moyen terme, matérialisée par ce canal ascendant. Les cours du Cac 40 avaient même débordé légèrement sa ligne supérieure passant alors autour de 8.535 points. De nombreux analystes chartistes y voyaient là un nouveau signal haussier avec de surcroît un biais accélérateur. C’était évidemment aussi le cas de très nombreux algorithmes de trading qui y décelaient une nouvelle opportunité de faire encore des gains sur des marchés qui paraissaient tout à fait prêts à s’emballer.

La suite, on la connaît, le début de la guerre avec de surcroît un scénario de déroulement à l’encontre de ce qu’attendaient les marchés. La flambée des cours du pétrole, une forte baisse des marchés obligataires et par ricochet, une baisse relativement contenue des marchés actions, dont la Bourse de Paris. Toutefois, en ce début de semaine, le Président Trump a déclaré que la guerre serait achevée d’ici deux à trois semaines. Il n’en fallait pas plus pour que le pétrole « brent » reflue vers les 100 dollars et les marchés boursiers rebondissent fortement.

En réalité, les marchés ont envie de croire le Président Américain, même si ce dernier nous a habitués à des déclarations fracassantes et souvent contradictoires d’un jour à l’autre. Le résultat est tel que l’indice Cac 40 réussit à repasser au-dessus de la barrière symbolique de 8.000 points et tente à présent de s’y installer durablement. Il faut dire que jusqu’à présent, les gros intervenants ont réussi à tenir la baraque et éviter toute perte de confiance des investisseurs dans les marchés. Cependant, c’est dans le secteur du « non-coté », les fameuses « private equity » souvent adossées à des prêts bancaires ou des crédits privés accordés aux entreprises concernées, que la tension s’est fait le plus ressentir.

Déjà, dès fin 2025, des demandes de retraits massives ont commencé à voir le jour et se sont amplifiées après le début de la guerre. Des fonds de pension et d’investissement ainsi que des banques de toute première importance ont fait le choix de ne répondre que partiellement à ces demandes, craignant une crise de liquidités. Face au risque de contagion, une partie d’entre elles ont choisi de vendre des actifs cotés ou de l’or détenus en propre pour y faire face. Pour le moment, tout semble tenir, y compris les marchés obligataires et d’actions.

Mieux, ces derniers s’offrent le luxe d’un rebond significatif, anticipant la fin proche du conflit et un retour au fonctionnement normal de l’économie et du commerce mondiaux. N’est-ce pas aller un peu trop vite en besogne ? Quid des besoins colossaux de reconstruction des États du Golfe dont les avoirs sont fortement investis sur la dette publique US et européenne ainsi que sur les actions de ces régions ? C’est une demande qui disparaît subitement des marchés cotés et non cotés.

Pis, elle se transforme en offre nette qui aura du mal à trouver rapidement une contre-partie à sa taille. J’ai du mal à voir comment les marchés boursiers pourraient poursuivre durablement leur remontée. Techniquement, l’indice Cac 40 devrait rencontrer une forte zone de résistance entre 8.000 et 8.050 points où passe désormais la ligne de support de l’ancien canal haussier. C’est probablement la dernière occasion de sortir quasi indemne du marché et de préserver efficacement ses très précieuses liquidités pour les réserver à des achats ultérieurs nettement plus bon marché après que le vrai passage de la purge.

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